Le Divorce

Film américain de James Ivory

Avec Kate Hudson , Naomie Watts, Jean-Marc Barre, Leslie Caron, Romain Duris, Thierry Lhermitte, Stephen Fry, Matthew Modine, etc.





Par Laurence Bonnecarrère
 
Sortie le 08-10-2003

Durée: 1h55

 

Au vrai chic ivoryen

Le film ne manque pas d’atouts : casting ébouriffant, budget colossal, équipe technique exceptionnelle, scénario imparable tiré d’un best seller(Le Divorce de Diane Johnson) plus ivoryen que nature.

Rien ne manque à l’appel : surtout pas l’argent évidemment, qui ruisselle tant sur l’écran qu’en coulisse. Ni les bonnes vieilles chansons françaises (Gainsbourg et de Trenet). Ni l’indispensable pathos hollywoodien: l’histoire d’une jeune et candide américaine (Naomie Watts) abandonnée par un vil séducteur (Mevil Poupaud) vous arrache quelques larmes polies. Ni les  variations  " proustiennes " sur l’insupportable préciosité française. Ni l’épisode dramatique du suicide… raté (Dieu soit loué !). Ni le morceau de bravoure hitchcockien, Vertigo à la Tour Eiffel. Non content de recycler tous les ingrédients éprouvés de la comédie de mœurs, James Ivory s’approprie également le thème porteur du " choc culturel ", mais dans une version sucrée : le film se termine bien, la réconciliation finale est même scellée par un nouveau mariage franco-américain. En cours de route, on aura quand même appris que les français sont faux-culs, roublards, cupides et mufles (Melvil Poupaud en salaud intégral est impeccable ). Quant à l’ingénuité, la générosité et la joie de vivre, ils sont l’apanage du clan américain !  On ne saurait tenir rigueur à James Ivory d’une dérive yankeecentriste bien naturelle. Indépendamment de cela, le film, pourtant servi par des comédiens irréprochables, dont les trois " guignols " français, amuse parfois mais ne convainc pas vraiment.

Le Divorce, qui aurait pu s’appeler La Mésalliance, est un objet chic et rutilant à l’image de ces foulards Hermès dont tous les protagonistes du film font si grand cas. Ou bien comme ce sac " Kelly " (de Grâce "  Kelly ") en crocodile rouge qui constitue l’un des enjeux hautement symbolique du film ainsi que son fil… rouge. Elégant, le sac en croco rouge  à 18 000 dollars ? Voire.