Goodbye Lenin !

Film allemand de Wolfgang Becker

Avec Daniel Bruhl, Katrin Sass





Par Jean Paul
 
Sortie le 10-09-2003

Durée: 1h58

 

 

Nostalgie du mensonge

Ce film à petit budget, peu médiatisé, a fait un tabac en Allemagne. Il nous rappelle un autre succès inattendu, bercé également par la musique douce-amère de Yann Tiersen. Good bye Lenin, un nouvel Amélie Poulain version Berlin-Est ?

A la veille de la chute du mur de Berlin, une ardente communiste est victime d’un infarctus et tombe dans le coma. Huit mois plus tard, sa chère démocratie socialiste a disparu. Or un choc émotionnel lui serait fatal. Sa famille décide donc d’emmailloter la malade dans un cocon mensonger. Mais la solution de facilité tourne vite au cauchemar – notamment lorsque la malade souhaite quitter l’hôpital et rentrer chez elle…

Good bye Lenin, si le spectateur y met du sien, peut susciter une réflexion sur un mensonge privé articulé au mensonge du totalitarisme qui a sévi pendant 40 ans en Allemagne de l’Est (sans parler des 12 ans de nazisme). Le mensonge par humanité (pour éviter l’infarctus) recrée une petite société totalitaire. Celle-ci est présentée sous l’angle de la nostalgie.

Ce qui suscite un certain malaise. La " dictature pour maman " d’Alex (le fils compatissant) a un côté désuet assez charmant. Point de vue original, ou nostalgie réelle de la part du cinéaste ? On peut regretter, par ailleurs, la liaison amoureuse un peu nunuche, ainsi que la quête du père, qui montre la déchirure des familles (du fait du rideau de fer) : deux digressions qui ralentissent la réflexion sur le mensonge.

Wolfgang Becker a réussi une comédie agréable et intelligente. Si vous avez aimé Amélie Poulain, allez voir Good Bye Lenin ! Si vous avez adoré Depuis qu’Otar est parti, vous aurez le sentiment de perdre votre temps.