La Blonde contre-attaque
Legally Blonde 5

Film américain de Charles Herman-Wurmfeld

Avec Reese Witherspoon, Luke Wilson





Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 24-09-2003

Durée: 1h35

 

Autoportrait de l’Amérique peroxydée

Il y a belle lurette que le cinéma américain a joyeusement outrepassé les bornes de la crédibilité, des convenances et du bon goût (grand bien lui fit). La Vengeance d’une blonde a contribué à ce foutage de gueule généralisé et de bon aloi.

L’idée du film partait d’une observation – non dénuée de fondement - sur la condition de blonde dans une société qui à la fois l’encense et la rabaisse. Tout jeune yankee digne de ce nom a vu et revu Legally Blonde, ou l’accession au grade d’avocate d’une écervelée notoire, et, surtout, décolorée. Le film, à l’argument rachitique, se prévalait d’une lutte morale que les ligues féministes ont su, sans nul doute, apprécier à sa juste valeur. A la fois réhabilitation et croisade contre les préjugés, il met en scène un univers factice où, contre les intelligents au cœur sec, seules les gentilles blondes accèdent à la vraie simplicité de la vie.

Je n’ai pas vu Legally Blonde premier du nom, mais on m’en a plutôt dit du bien. Le second opus, La blonde contre-attaque, narre la suite des aventures de El Woods, cette fois lancée à l’assaut de la cour de justice de Washington. (Cette lutte contre les tests cosmétiques sur les animaux ne l’empêche pas d’être elle-même maquillée à la truelle tout au long du film.) Celui-ci expose au monde (et à l’Europe, ébahie) les tares et tentations d’une jeune fille moderne, nappée d’un rose vomitif, flanquée d’un roquet homosexuel et d’un futur mari non moins viril (Luke Wilson qui est, décidément, de toutes les fêtes). Digne descendante de Brigitte Bardot (comprendre " blonde amie des animaux "), Reese Witherspoon porte avec aplomb le film sur ses épaules.

Dieu sait si cette Blonde, aussi chaleureuse qu’imbécile, était attendue au tournant. Enième victime de " l’effet sequels ", la voilà qui se prend les pieds dans le tapis: reprise de gags, absence de renouvellement, accentuation de traits jusqu’à la lourdeur, et pire. Ce self-portrait parodique aux allures d’interminable blague de blonde, parfois très drôle et entraînant (on est presque gagné par l’hystérie et contaminé par une bonne humeur - de courte durée -) est finalement un peu navrant. Le film, abandonnant un regard éclairé et déconneur, finit par vanter de manière racoleuse les attraits de la bêtise et de la simplification.