Elle est des nôtres

Film français de Siegrid Alnoy

Avec Sasha Andres, Carlo Brandt, Catherine Mouchet, Eric Caravaca, Pierre-Félix Gravière, Jacques Spiesser, Mireille Roussel, Daniel Ceccaldi


Deuxième film en compétition à la Semaine Internationale de la Critique du Festival de Cannes. Concoure à la Caméra d’Or.


Par Marina Klimoff
 

Durée: 1h40

 

Christine Blanc veut se faire adopter par " la communauté humaine ". Tout à coup, elle partage les valeurs de cette communauté : celles du crime. Stupeur. Les bras du monde s’ouvrent, les verres trinquent : " elle est des nôtres"… 

Elle est des nôtres  fait parti de ces films étranges, à l’atmosphère unique. Une atmosphère lourde, complexe : celle de la solitude, du crime. C’est l’histoire d’une jeune femme qui fait croire à son entourage qu’elle a des amis, qu’elle a un copain, qu’elle a " une Citroën Xsara ", parce qu’elle a entendu dans une conversation au super marché que c’était une bonne voiture… Mais une fois qu’elle se fait des amis, elle les rejette, préférant sa solitude. Paradoxal, car elle aime traîner dans les centres commerciaux, pour voir du monde. Mais comme dit son double masculin : " au moins, ils ne te posent pas de question… ".

Ce film est un exemple de simplicité : comment faire un film, avec les moyens les plus simples, une mise en scène la plus simple (caméra fixe), les décors les plus simples, les dialogues les plus simples, les meilleurs acteurs, mais une histoire compliquée. C’est très créatif, et bien fait. Mais comme le sujet est la solitude, il y a des moments de solitude. Et malheureusement le spectateur s’ennuie. Des longueurs, des scènes pas forcément utiles, des moments où on ne comprend plus tellement ce qu’il se passe, on est un peu perdu. Quant au thème du crime, celui dont nous parle le synopsis, il n’est pas assez exploité. Avec ou sans crime, Christine reste la même : une femme seule. Son comportement ne change pas.

Premier film ambitieux donc, très intéressant au niveau technique, avec une bande son impeccable qui renforce sans problème cette solitude (cris, souffles, musique classique, synthé, etc.)… Une belle leçon de simplicité, menée par une bande d’acteurs excellents (chapeau à Sasha Andres !), mais remplie de maladresses. Dommage.