La famille Tenenbaum

Film américain de Wes Anderson

Avec Gene Hackman, Angelica Huston, Ben Stiller, Gwyneth Paltrow, Bill Murray, Danny Glover, Luke Wilson.





Par Laurent Tessier
 

Durée: 1h48

 

La famille Tenenbaum compte dans ses rangs trois enfants géniaux : un roi de la finance (Ben Stiller), un auteur dramatique (Gwyneth Paltrow) et un champion de tennis (Luke Wilson). Elle compte aussi une mère exemplaire (Angelica Huston), et surtout un père indigne : Royal Tenenbaum (Gene Hackman). Des années après avoir abandonné sa famille, Royal tente de retrouver sa place de père et de mari, en se faisant passer pour gravement malade et condamné à court terme.

Comme dans Rushmore, son film précédent, Wes Anderson se penche sur les déboires de jeunes génies incompris, pour nous livrer une comédie se voulant hors-normes, décalée. Le scénario est abracadabrant à souhait, les costumes et des décors font preuve d’un kitch maîtrisé et référencé (les peintures de motards chez le voisin des Tenenbaum valent à elles seules le détour), et la mise en scène se révèle souvent inventive. Malheureusement, Anderson reste bien trop conventionnel quant au traitement pseudo-cynique de cette famille américaine. Le film, en particulier la dernière demi-heure, dégouline de bons sentiments qui annihilent définitivement tout effet comique. Cette famille n’a ni les côtés grinçant et critique d’American Beauty, ni le côté franchement surréaliste d’un Dans la peau de John Malkovitch. Mais surtout, elle n’a l’humour ni de l’un ni de l’autre.

On retiendra malgré tout quelques bons moments, comme ce flash-back sur la vie amoureuse de Gwyneth Paltrow, entre un chanteur rasta en Jamaïque et une maîtresse lesbienne " rive gauche ". Le film recèle certains aspects sympathiques et les acteurs arrivent à lui donner un côté attachant. Les fans de Ben Stiller, dont la productivité fait décidément rêver, y trouveront sans doute leur compte (mais peut-être pas ceux de Bill Murray…). Globalement, le film se révèle donc assez décevant d’un point de vue comique, malgré une certaine originalité par rapport aux comédies américaines pour teenagers auxquelles on nous a habitués ces derniers temps, et qu’il convient de souligner.