Avril brisé
Abril despedaçao

Film brésilien de Walter Salles

Avec José Dumont, Rodrigo Santoro, Ravi Ramos Lacerda





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 30-04-2003

Durée: 1h30

 

Drôle de moeurs

Walter Salles, réalisateur de Central do Brazil qui avait eu grand succès en 1998, a été séduit par ce roman d’Ismail Kadaré et l’a adapté en transposant ce drame albanais dans les territoires déshérités du nord-este brésilien.

Il est évident qu’il a le goût de l’image, de la cinématographie et des effets de montage (poursuites dans les fourrés, balançoires diverses, attelage de boeufs entraînant sans fin une broyeuse, voltige vertigineuse, etc.) qui rappellent les expériences du cinéma russe muet. De même, les gros plans de visages évoquent les paysans de Que viva Mexico d’Eisenstein. Enfin, ultime hommage aux grands anciens, un couple de forains ressuscite Gelsomina et Zampano dans cette Strada qui chemine dans la pampa aride.

Ces emprunts sont, évidemment, très sympathiques mais ils ne masquent pas les faiblesses d’un scénario dépeignant le crétinisme de deux familles qui se livrent à une vendetta alternative où succombent, un par un, les fils aînés des clans rivaux. On a beau évoquer les origines de la tragédie grecque, je ne vois que deux pères abrutis qui envoient sans raison valable leurs rejetons soumis à un massacre codifié et stupide. Il est vraiment très difficile d’éprouver de l’intérêt pour des personnages aussi grimaçants et proches de la caricature. Entre l’imbécillité des pères et la docilité des fils, je n’ai guère de préférence.