Le voyage de Morvern Callar
Morvern Callar

Film anglais de Lynne Ramsay

Avec Samantha Morton, Kathleen Mc Dermott





Par Henri LanoŽ
 
Sortie le 05-03-2003

Durée: 1h33

 

Que fait donc la police?

Dans la série glauque de chez glauque, la jeune réalisatrice britannique Lynne Ramsay nous propose son deuxième long-métrage: Le Voyage de Morvern Callar, qui succède à Ratcatcher (2000). Inspiré d’un roman éponyme d’Alain Warner qui l’a enthousiasmée, le film nous conte la vie édifiante de Morvern, une vendeuse de supermarché écossaise, qui découvre son copain mort dans la cuisine. Il s’est suicidé et lui lègue, entre autres, sa carte de crédit, une cassette de musique techno et un roman qu’il vient d’achever sur son ordinateur.

Apparemment peu sujette au chagrin, cette attachante jeune fille part en boîte avec sa copine, tire de l’argent avec la carte de crédit, s’attribue le roman qu’elle envoie à un éditeur londonien et enterre, par prudence, les morceaux de son compagnon dans la lande écossaise avec une truelle (si j’ai bien compris le récit très elliptique.) A la suite de quoi, elle invite la copine à faire une virée en Andalousie… Olé!

Le principe de la mise en scène est simple: très peu de dialogue, fous rires entre les deux filles, les scènes de baignoire ou de douche succèdent aux séquences de boîtes techno, une caméra tenue à la main scrute le visage des actrices pour tenter d’en dégager le vide profond ou bien s’attarde sur des paquets que l’on défait minutieusement. Puis on recommence pour un tour… Avec cette méthode, on accumule le minutage et on finit par arriver aux 90 minutes qui vous consacrent réalisateur de long-métrage, même si on n’a pas grand chose à raconter. On peut donc arrêter cette boucle fastidieuse: l’éditeur londonien vient enfin débusquer Morvern sous le soleil espagnol et lui offre un pont d’or pour le génial roman qu’elle n’a pas écrit. Elle est riche et va pouvoir s’attaquer à une nouvelle oeuvre (Harry Potter, peut-être?) Elle retourne dans sa pluvieuse Écosse et oublie la météo maussade en s’éclatant dans une ultime boîte techno.

Générique de fin.

Si le cœur vous en dit…