L'électron libre

Film français de Marie Donnio

Avec Olivier Brun, Jeanne Savary





Par Claude Gallot
 
Sortie le 05-03-2003

Durée: 1h

 

Un électron n’est jamais libre longtemps.

Hugues (Olivier Brun) le héros, taraudé par une histoire d’amour inassouvie et un fort penchant pour l’initiative individuelle, va déclencher un véritable séisme dans deux organisations (symboliques de notre époque) aux antipodes l’une de l’autre: une association de défense des sans-logis et une chaîne de télévision.

Armé d’une petite caméra (oui, une caméra peut être une arme), Hugues décide d’aider l’association en filmant à vif, de l’intérieur, les manifs et les opérations de commandos destinées à investir des immeubles vides. Ensuite, par l’intermédiaire de sa copine qui travaille dans une régie de télévision, il tente de diffuser ses images vraies, donc violentes. En guise de refus, on lui demande quel est son " concept ". Au même instant, comme une insulte, passe à l’écran un spot publicitaire pour un dénoyauteur de cerises. De quoi devenir violent.

Entre temps, Hugues a créé un site Internet, piraté le fichier logement de la mairie, dragué Florette, la petite amie du président de l'association, et participé à différentes actions.

Bien que ce premier (presque) long métrage (60’) n’ait pas eu les moyens de ses ambitions, Marie Donnio, la réalisatrice, réussit à nous dire: nous vivons dans un monde qui tend à faire des révoltés, donc, des briseurs de consensus, des fauteurs de trouble, qu’il faut enfermer, comme fous ou délinquants. Moralité: qui sème le vent (de la liberté) récolte la police.

Dans le vide d’un personnage très énervé, Olivier Brun fait montre d’une forte présence. Jeanne Savary, arrachée à l’emprise irrésistible de Nestor Burma, incarne Florette, une militante pleine d’humanité et de charme.

Le film est précédé d’un court-métrage (10’) : Le Bras de mer de Béatrice Logeais. Une serveuse de bar, victime de l’asservissement, de l’oppression et de la bêtise, rêve de fuir. Sur une plage, elle découvre un homme endormi (ou mort) dans une barque échouée. Le soir, elle prend la barque et s’en va vers le large, vers la liberté (vers l’amour?). Très psychanalytique et très bien filmé.