La fleur du mal

Film français de Claude Chabrol

Avec Suzanne Flon, Nathalie Baye, Benoît Magimel, Bernard Lecoq, Mélanie Doutey





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 19-02-2003

Durée: 1h44

 

Trop c’est trop

On dit que les réalisateurs font toujours le même film. Dans le cas de Chabrol, j’ai surtout l’impression d’une auto parodie aggravée.

Et d’ailleurs, pourquoi se lasserait-il de ressasser ses éternelles histoires de grands bourgeois dégueulasses, alors qu’une presse indulgente et complice depuis l’époque lointaine où la Vague était Nouvelle couvre de louanges ce malicieux et sympathique septuagénaire qui continue à jouer les galopins provocateurs? Je pensais qu’avec Merci pour le chocolat, encensé par la critique, il avait atteint les limites du mépris pour le spectateur avec un scénario bâclé et un Dutronc, concertiste somnolent, qui ne faisait même pas semblant de jouer du piano, (alors que les performances en play-back d’Emmanuelle Béart - Un Coeur en hiver - ou de Robert de Niro - New York, New York -, prouvent que des réalisateurs moins négligents peuvent obtenir des miracles de leurs comédiens.)

Avec La Fleur du mal on tombe dans du pseudo Mauriac (le Bordelais, bien sûr) mis en scène par le père de Denys de la Patellière, tant tout cela est désuet. L’ami Chabrol a tellement chargé la barque qu’il l’envoie par le fond: grand-père collabo, tante meurtrière, mari pharmacien et libidineux, femme politique de droite, enfants incestueux, etc. Tous les clichés sont au rendez-vous et s’accumulent dans les placards de la maison familiale. C’est quand même too much pour qu’on puisse un peu s’intéresser à ces stéréotypes de la fausse hardiesse.