Confessions d'un homme dangereux
Confessions of a Dangerous Mind

Film américain de Georges Clooney

Avec Sam Rockwell, Georges Clooney


Compétition officielle Festival de film de Berlin 2003


Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 01-06-2003

Durée: 1h53

 

Confessions of a Dangerous Mind est un livre autobiographique de Chuck Barris, véritable star de la télévision américaine, initiateur de nombreux shows… mais également, - et là réside tout le poids du juteux secret confessé - espion pour la CIA durant de nombreuses années.

Le scénario du film est signé Charlie Kaufman, celui qui s’est mis dans la peau de Malkovich en 1999. Mais surtout, Confessions est le premier essai derrière la caméra du fringuant Georges Clooney, idole des grands-mères, comme chacun sait.

On sera ravi de découvrir que les tant attendues confessions ont plutôt des allures de déballage puant et grossier, sorti tout droit de L’Echo des savanes (pour passer le temps, il est permis de compter les occurrences du mot " fuck ").

Ceux qui s’intéressent de près aux doubles vies peuvent courir derrière Di Caprio dans le dernier Spielberg, qui a au moins l’avantage d’être bien troussé. Car même la participation amicale des guest-stars, Drew Barrymore, Julia Roberts, Brad Pitt et Mat Damon, ne nous tire pas de la torpeur où nous plonge un récit peu original, bien que paradoxalement véridique.

L’on peut véritablement débattre des talents d’un réalisateur lorsque celui-ci fait montre de quelque style, ce qui fait cruellement défaut ici. Puisque ni le scénario, ni la réalisation ne sont conséquents, il nous reste à nous rincer l’œil, afin de ne pas repartir bredouille. S’il est communément admis que le seul intérêt qui réside en la personne de Georges Clooney est purement contemplatif - bien qu’il soit ici affublé d’une ridicule moustache d’inspecteur gadget - le fantasme même n’est plus permis, puisqu’il s’est vu récemment attaché à la vache qui rit de Chicago (Renee Zellweger), et croyez-moi, il n’y a pas de quoi rire.

Malgré de nombreuses heures d’entraînement devant le miroir, le sourire Colgate de Georges Clooney ne convainc plus: devant son incapacité à s’exprimer sur ses motivations de metteur en scène et sur la nature de ses choix filmiques, il semble évident, mais non moins nécessaire de rappeler qu’il ne suffit pas de réaliser un film pour être cinéaste.