Chicago

Film américain de Rob Marshall

Avec Catherine Zeta-Jones, Renée Zellweger, Richard Gere


Compétition officielle Festival Berlin 2003


Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 12-02-2003

Durée: 1h45

 

Roxie (Renée Zellweger), minable starlette dépitée, dans le Chicago des années Vingt, tue son amant d’un coup de revolver. Elle atterrit dans un pénitencier pour femmes, et se heurte alors à son moi sublimé, c’est-à-dire une " vraie star ", Velma Kelly (Catherine Zeta-Jones). Elle espère alors échapper à la pendaison grâce au plaidoyer de l’avocat séducteur et corrompu Billy Flynn (Richard Gere).

L’intérêt tout relatif de cette comédie musicale repose essentiellement sur les performances orchestrées des interprètes entourés d’une troupe de danseurs, qui relayent le récit dramatique. La prestation des actrices lippues et galbées suffit à nous tenir en haleine pendant un bon quart d’heure: on hésite toutefois entre fascination et affliction. Il s’agit d’un coup d’essai du réalisateur Rob Marshall: il ne s’était auparavant qu’essayé à l’improbable adaptation télévisée de la comédie musicale Annie (1999).

Assez étrangement, Chicago pourrait se définir comme l’anti-Moulin Rouge: légèreté et mauvais goût revendiqués, inventivité des chorégraphies. Si le film n’est jamais niais, c’est que l’univers musical, à savoir le monde fantasmé par Roxie, se présente comme la mise à distance critique d’une réalité trop pauvre pour donner matière à l’imagination. A cela s’ajoute le regard lucide du cinéaste: l’aspect déceptif, et finalement, tragique, de toute inclination artistique, le pouvoir infini de l’image dans un monde où tout est affaire de séduction. "Life is a stage", disait Shakespeare.

Néanmoins, malgré la classe de Catherine Zeta-Jones, et la présence fantomatique de John C. Reilly, clown triste, l’interprétation quasi-bovine de Renée Zellweger et l’insuffisance d’un scénario qui tourne court nous laissent la curieuse impression d’un club S. M. pour quadragénaires déplumés.