Le Cercle
The Ring

Film américain de Gore Verbinski
D’après le roman The Ring de Koji Susuki et le film The Ring de Hideo Nakata

Avec Naomi Watts, Martin Henderson, Brian Cox





Par Laure Becdelièvre
 
Sortie le 05-02-2003

Durée: 1h50

 

La boucle est bouclée

Peu de films non américains à succès échappent à cette bonne habitude hollywoodienne de faire des remakes reformatés pour le public US. Ringu, le phénomène du cinéma d’épouvante japonais lancé par Hideo Nakata en 1998, n’a pas dérogé à la règle. Et c’est Gore Verbinski qui a été choisi par Dreamworks pour adapter la version originale.

L’action a été transposée à Seattle (et les filles brunes remplacées par des blondes platine). Pour le reste, on retrouve dans Le cercle, presque à l’identique, la trame qui a valu le succès de son modèle japonais: après le décès de sa nièce dans des circonstances étranges, une journaliste et mère absente, Rachel Keller (Naomi Watts, la fameuse blonde de Mulholland Drive), décide de mener son enquête. Elle découvre bientôt que la jeune fille est morte une semaine après avoir visionné avec des amis – morts eux aussi – une cassette vidéo réputée " maudite ". Sans vraiment croire à cette légende urbaine, Rachel finit par mettre la main sur la bande: elle ne peut s’empêcher de la regarder et reçoit un coup de téléphone lui indiquant qu’il ne lui reste plus que 7 jours à vivre.

Puisque Le cercle suit assez fidèlement l’intrigue du film de Nakata (lui-même déjà inspiré du roman de Koji Susuki), il ne pouvait qu’hériter de l’efficacité et de l’audace du scénario, qui par sa dimension visuelle et cérébrale inhabituelle, s’éloigne du cinéma d’horreur traditionnel en substituant à l’extravagant la suggestion, et au gore l’angoisse psychologique. Mais ce remake américain n’a pas su jusqu’au bout garder le charme et l’étrangeté de l’original japonais. Prenant le parti (discutable) de délivrer des explications pour chaque donnée de l’énigme, il mâche ainsi la tâche du spectateur qui n’a plus besoin de combler les vides volontaires de la réalisation.

Désormais on tend beaucoup plus vers le thriller, dont les fils un à un sont dénoués, que vers le film fantastique, où la part d’irrationnel restait prédominante. Et même si Gore Verbinski a voulu rendre hommage à l’original en semant quelques références plastiques (dont notamment le pommier rouge du Japon, omniprésent dans l’imagerie du film), Ringu perd un peu de son âme après ces adaptations à la sauce américaine.

Malgré tout, le réalisateur américain a su imposer un climat oppressant, servi en cela par la belle prestation de Naomi Watts. Le Cercle est un très bon thriller psychologique. Cependant, pour ceux qui ont vu le film japonais, ce remake américain n’a pas grand intérêt…