Ali G

Film anglais de Mark Mylod

Avec Sacha Baron Cohen, Michael Gambon, Charles Dance





Par Aurélie Ledoux
 
Sortie le 25-12-2002

Durée: 1h25

 

Ali G reprend, à sa manière, le procédé efficace et éprouvé du " poisson hors de l’eau ", procédé qui consiste à prendre un personnage pour le plonger dans un milieu où il n’a rien à faire, auquel il ne connaît rien, mais où –miracle de la comédie- il va réussir mieux que quiconque.

Le " milieu " est ici le monde politique et le " Candide " en question est d’un genre très particulier puisqu’il s’agit du rappeur Ali G : on serait tenté de le décrire comme le héros le plus machiste, le plus obsédé, le plus décérébré que l’on puisse imaginer, à ceci près qu’Ali a des amis qui sont encore pires que lui (ce qui suppose de croire à l’existence des QI négatifs…).

Le personnage d’Ali G est issu d’un show de Channel 4 (The 11 O’clock Show) qui a un succès considérable en Grande-Bretagne depuis trois ans. Le film joue donc beaucoup sur un personnage déjà établi : son caractère et ses tics de langage sont familiers au public anglais, nettement moins au public français. Cependant comme la bêtise et l’humour gras sont des valeurs universelles, cela ne pose pas de difficultés majeures et chacun peut rire à se taper sur les cuisses en voyant l’ascension et les mesures politiques d’Ali G. On peut ainsi trouver amusant de voir un conflit international et une crise à l’ONU résolus à coup de cannabis (pris sous forme d’infusion).

Car Ali G repose et fonctionne sur l’outrance et il faut avouer que cela fait parfois mouche. Mais on peut aussi se demander jusqu’où l’humour potache peut prétendre nous faire rire (et je ne fais pas allusion ici à l’humour " façon American Pie "). Un exemple : pour régler les problèmes d’immigration en même temps que la morosité ambiante du bon peuple britannique, Ali G propose qu’on ne laisse passer à la frontière que les filles " canons " et qu’on refoule (je cite) " les boudins ". D’où la scène suivante, où on voit les douaniers accueillir avec de grands sourires des filles qui ressemblent à des mannequins avant d’asséner un " Go home ! " à une femme moins jolie, c'est-à-dire qui ressemble un tant soit peu à une immigrée. On peut en rire… ou pas.

Ali G est le film à côté duquel Mr Bean ressemble à du Bergman.