Fulltime Killer

Film chinois de Johnnie To
et Wal Ka-Fai

Avec Andy Lau, Takashi Sorimachi





Par Christophe Chauvin
 
Sortie le 30-11-2002

Durée: 1h42

 

L’anti-Mission de Johnnie To

Fulltime Killer est le nouveau film de Johnnie To, réalisateur chinois - une trentaine de longs métrages déjà.

Il est encore peu connu en France. Son précédent film, The Mission, acclamé à juste titre par la critique et les cinéphiles, était pourtant une pure merveille : chaque scène d'action, chaque mouvement de caméra étaient mûrement réfléchis, analysés.

Sans surenchère dans les scènes de gunfight, Johnnie To filmait réellement à sa manière : posée, sans artifice mais avec la précision d'un sniper ; en gros, aucun autre cinéaste n'avait réalisé aussi bien une scène de polar toute bête, où deux gangs s'affrontent. Malheureusement, Johnnie To, avec Fulltime Killer, s'éloigne de ce style qu'on avait tant apprécié. Quel dommage !

Fulltime Killer est beaucoup plus " grand public " que ses précédents films . Sa nouvelle devise semble être : " moins de psychologie pour plus d'action " ; on parle moins, on tue plus !(en gros le contraire de Samuel Jackson dans Pulp Fiction).

Enchaînant de petites scènes d'action plus ou moins bien réussies et souvent trop courtes, le film se veut ouvertement bourrin. Johnnie To semble se prendre ici pour John Woo en accumulant ralentis et artillerie, mais sans vraiment savoir en faire bon usage.

On assiste à des scènes d'action bien filmées mais jamais transcendantes visuellement et souvent déjà vues.

Le metteur en scène semble ici avoir une multitude de bonnes idées ( références aux jeux vidéos, relations ambiguës entre les deux tueurs…) mais sans parvenir à les concrétiser.

Résultat : il n'arrive jamais à véritablement captiver, ni même à impressionner. Et dans le milieu cinématographique aujourd'hui, et surtout en ce qui concerne les polars asiatiques, le maître mot est sans conteste " impressionner ", " en mettre plein la vue ", " innover " surtout…

Or, avec Fulltime Killer, on semble revoir les meilleures scènes de The Mission ou Time and Tide (de Tsui Hark), mais en moins bien… ! En cela, le film est un peu décevant même si les moins initiés y trouveront leur compte !

Et pour nous, O cinéphiles, on appréciera néanmoins les nombreuses allusions à différents films tels que Point Break, Crying Freeman, Desperado, Orange mécanique (déjà repris dans Battle Royale) et surtout The Killer de John Woo, qui semble une véritable référence ici… Ouvrez grand les yeux et les oreilles, la chasse a commencé !