La vie nouvelle

Film français de Philippe Grandrieux

Avec Kack Knighton, Anna Mouglaglis, Marc Barbé, Zolt Nagy





Par Stéphane Durin
 
Sortie le 27-11-2002

 

Faisons l’hypothèse suivante. Un étudiant en cinéma, sérieux mais pressé, ne veut consacrer qu’une heure quarante deux à un exposé sur le cinéma d’auteur contemporain.

Il peut visionner la production récente en accéléré, au risque de ne rien visionner, et surtout de s’abîmer les yeux.

Il peut consulter en diagonale un ouvrage synthétisant la question, au risque de ne pas faire convenablement son travail.

Le plus simple consisterait à regarder La vie nouvelle, et à prendre des notes dans une salle obscure – au risque d’écrire de travers.

Le film d’auteur français, façon 2002, serait le suivant : un histoire un peu sordide, mais humaine – tragique (ou comment justifier naïvement le recours systématique au sordide).

Un personnage marginal, ambigu, écorché par son passé – puisque l’heure n’est plus aux philosophes tourmentés version Bonitzer ou Desplechin, figure imposée de la décennie 90.

Une intrigue se déroulant à l’étranger, des dialogues en anglais ponctués de langues obscures, un casting international ( " la mondialisation ").

Du sexe cru (évacuer la notion de plaisir : le sexe est aussi conflit, esprit et corps violentés).

Sans oublier du sang et des coups.

Le tout lié par un scénario brumeux donc inventif, et une manière de filmer (que l’on peut aisément imaginer) démontrant le chaos de nos consciences.

Donc pour les férus d’académisme.