Au plus près du paradis

Film français de Tonie Marshall

Avec Catherine Deneuve, William Hurt, Patrice Chéreau, Hélène Fillières, Nathalie Richard





Par Laurence Bonnecarrère
 
Sortie le 20-11-2002

Durée: 1h40

 

A deux doigts du néant

C’est la loi des séries : après La vie promise (Isabelle Huppert), Adolphe (Isabelle Adjani), Décalage horaire (Juliette Binoche), voici Au plus près du paradis. Ce type de film a été conçu pour sa tête d’affiche, et n’existe que par elle. C’est donc au tour de Catherine Deneuve de tenir à bout de bras un film concocté expressément pour elle par Tonie Marsall (la réalisatrice de Vénus beauté).

L’histoire tient en peu de mots : une femme entre deux âges rêve de retrouver un ancien amant. Elle obtient un rendez-vous avec lui en haut de l’Empire State Building. Elle s’envole pour les Etats-Unis, et là, miracle, elle rencontre un autre homme, dont elle tombe illico amoureuse. Violons.

Le films se présente comme une variation sur le thème de Elle et lui, le grand mélo classique de Léo McCarrey (Love affair en version originale, puis An affair to remember, remake du même réalisateur, avec Cary Grant). Hélas ! Rien ne passe, et rien ne se passe. Catherine Deneuve n’est pas en cause. Somptueusement filmée (par Agnès Godard), pomponnée (superbes les coiffures), et fringuée (merci Jean-Paul Gauthier), elle tente de relever le défi (justifier le rien du tout) avec vaillance. Mais ses palpitations de midinette attardée laissent perplexes. Le délicieux William Hurt, et les sympathiques seconds rôles (Patrice Chéreau, Hélène Fillières, etc.) mettent un peu d’animation dans ce pensum. Ils ne peuvent sauver le film, sirupeux au-delà du digeste.

Constatant le manque criant d’inspiration d’un certain nombre de réalisateurs français ces derniers mois, nous nous permettons une petite suggestion : pourquoi pas une vraie saga familiale avec Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni et Christian Vadim, Gérard Depardieu, ses femmes, ses maîtresses et toute sa descendance, Jane Birkin, ses enfants, petits enfants et arrière petits enfants. Avec l’" aimable participation de " Juliette Binoche et Isabelle Adjani, sans oublier Etienne Daho pour l’accompagnement musical (Teu mi delirio est interprété par Etienne Daho dans le film de Tony Marshall). François Ozon à la réalisation ?