Flagrant délire
Stark Raving Mad

Film américain de Drew Daywalt
et David Schneider
Musique de John Digweed et Nick Muir

Avec Seann William Scott, Lou Diamond Phillips





Par Christophe Litwin
 
Sortie le 13-11-2002

Durée: 1h40

 

Un film insipide dans un décor de rave.

Ben McGewan, interprété par Seann William Scott (cf. American Pie), prépare le casse d’une banque à Chinatown. Il organise une rave dans une salle voisine pour pouvoir mener ses opérations. Son plan minuté se heurte à une série d’obstacles imprévus qu’il doit gérer – autant de gags (souvent grossiers) qui ne font pas rire.

Voilà le modèle parfait du film où tout est censé reposer d’une part sur les acteurs, d’autre part sur les péripéties. Or la performance dramatique est médiocre, et l’inattendu convenu, sans surprise.

L’esthétique branchée (raccord bâtard entre Snatch et Doberman) ne parvient pas à racheter les faiblesses du scénario. Tout ce qui semble pouvoir relever de l’insolite tombe dans la superficialité. Les moyens de production importants permettent la multiplication gratuite d’effets visuels de publicistes. Le film cherche son originalité dans la trouvaille de petites anecdotes à la Pulp Fiction, mais sans finesse. Il joue en outre d’un racolage facile sur les clichés divers des "subcultures" (avec les inévitables travelos sado-masos, la si peu exploitée consommation d’hallucinogènes, etc.). Ou encore, sur la grossièreté misogyne… A titre d’exemple, l’analyse de Ben sur cette espèce animale où la femelle dévore le mâle après avoir été fécondée: "les gens croient que c’est pour protéger sa progéniture du père, mais c’est faux, dit-il. That’s coz’ she’s a bitch"…

Ajoutez à ce cocktail insipide une morale bon marché et démago, évoquant l’ambiance teenage macho des vestiaires d’une équipe de foot américain. Ainsi, malgré toutes les embrouilles, quand on veut vraiment, on peut, et on finit par avoir le monde à ses pieds… En particulier, les bitches qui t’ont méprisé, garçon… Et tu les jetteras – après les avoir consommées…