All or nothing

Film anglais de Mike Leigh

Avec Timothy Spall, Lesley Manville, Alison Garland





Par Henri LanoŽ
 
Sortie le 13-11-2002

Durée: 2h08

 

Five o’glauque

On ne peut nier les qualités de réalisation d’un tel film ni le talent des interprètes, mais le goût monomaniaque de Mike Leigh pour l’Angleterre " d’en-bas " finit par donner l’impression de voir un téléfilm parodique de la BBC, le samedi soir, avec Benny Hill et Rowan Atkinson dans les rôles principaux : que de mal rasés, de tignasses qui n’ont jamais connu le shampooing, d’hébétude, de dialogues grossiers exprimés avec dix mots de vocabulaire, de frites grasses dans des assiettes sales, de pochardes qui s’écroulent dans les pubs, de téléviseurs qui déroulent des conneries ininterrompues…

Si c’est ça, les Anglais, comment s’étonner qu’ils aient perdu les Indes ? Je suis certain qu’en attribuant " All or Nothing " aux Monty Python, on pourrait en faire un succès comique sans modifier grand’chose (Je plaisante, bien entendu !).

C’est dommage parce que l’histoire de ce vieux couple usé qui tente de se retrouver est belle, mais trop c’est trop et tant de malheurs accumulés finit par paralyser l’émotion au lieu de la susciter. Est-il vraiment nécessaire que la fille de la famille, en plus d’être obèse (comme les autres), travaille dans un mouroir ? Est-il vraiment impossible de trouver dans une cité ouvrière des jeunes gens entretenant une relation normale avec le voisinage ? Les exemples abondent… Dans " Sweet Sixteen ", qui succombe à la même tentation de la noirceur, Ken Loach parvient à ménager des plages " positives " dans la description de ses loubards, ce qui permet au spectateur d’adhérer à un univers qui n’est pas tellement le sien.

Malgré d’indéniables qualités, je crains que Mike Leigh n’ait pas réussi le même équilibre dans son film qui pâtit de ses excès.