Décalage horaire

Film français de Danièle Thompson

Avec Juliette Binoche , Jean Reno, Sergi Lopez





Par Laurence Bonnecarrère
 
Sortie le 06-11-2002

 

Pas très relevé.

" En cuisine, ce qui ne pardonne pas, c’est la complication ajoutée à la médiocrité ", selon le chef cuistot Félix (Jean Reno dans le film).

Sans vouloir être spécialement méchant, on pourrait ajouter que la médiocrité, avec ou sans complication, ne convient guère au cinéma.

Danièle Thompson (La grande vadrouille, La folie des grandeurs, La Boom, La reine Margot, Ceux qui m’aiment prendront le train) est assurément une scénariste confirmée. Comme réalisatrice, elle est moins convaincante.  

La Bûche, son premier long métrage a connu le succès que l’on sait, en raison, peut-être, de son casting ?

Décalage horaire,   qui comporte des bons moments, est une " comédie sentimentale " ratée.

L’argument du film est maigrelet: Félix, restaurateur dépressif, égocentrique et hypocondriaque, se retrouve - bien malgré lui - coincé dans une chambre d’hôtel d’aéroport avec Rose (Juliette Binoche), une jeune femme paumée, sentimentale et hystérique, qui fuit un amant incontrôlable et une mère suicidaire…

Ils vont s’aimer, bien sûr.

Si les circonstances suscitent quelques répliques désabusées sur la France vue par Félix - qui vit à New York (" pays de nuls, toujours en grève, rien ne fonctionne, on ne pense qu’aux vacances, etc. "), et si les dialogues sont parfois savoureux, l’ensemble est terriblement poussif. Faute de véritable ressort comique ou dramatique (hormis les sonneries répétitives des portables ou les simagrées très attendues de Sergi Lopez), le côté " sentimental " prend vite le pas sur le côté "  comédie ". Le film se traîne lamentablement , à l’image de nos deux protagonistes qui déambulent sur d’interminables escaliers ou tapis roulants, soutenus par une bande-son atroce (pourquoi ?) qui met les nerfs du spectateur complètement à vif.

Contrairement aux grenouilles persillées imaginées par Félix, le scénario et la réalisation du film manquent singulièrement d’ail, mais aussi de saveur.