Anita n’en fait qu’à sa tête
Anita no perd el tren

Film espagnol de Ventura Pons
Adapté du roman " Bones Obres " de Lluis-Anton Baulenas

Avec Rosa Maria Sardà, José Coronado, Maria Barranco


Prix du meilleur film et de la meilleure actrice aux festivals du film comique de Peniscola (Espagne) et de Miami


Par Laure Becdelièvre
 
Sortie le 06-11-2002

Durée: 1h29

 

Après trente ans de bons et loyaux services comme guichetière d’un cinéma de quartier, Anita est invitée par son patron à prendre quinze jours de vacances. A son retour, elle découvre à la place du cinéma un énorme chantier : il doit donner le jour à un multiplexe, dont elle apprend qu’elle est évincée.

A cinquante ans, Anita ne correspond plus à l’image du nouveau cinéma. Tout son monde s’écroule alors. Désemparée, Anita finit par se rendre tous les jours sur le chantier, et devient rapidement la mascotte des ouvriers. Un jour, elle tombe sous le charme d’Antoni, un conducteur de pelleteuse : la vie d’Anita va s’en trouver chamboulée…

On se souvient de Rosa Maria Sardà en mère acariâtre dans le film d’Almodovar " Tout sur ma mère ". On la retrouve dans une comédie " à l’italienne ". Anita est touchée par un drame qui constitue pour elle un tournant : mêlant l’humour à l’optimisme, la fraîche quinquagénaire rencontre un amour sorti tout droit des ruines de son ancien cinéma, et qui, pour elle, est synonyme d’espoir. La rencontre d’Antoni l’aide à surmonter un moment douloureux de son existence. Mieux, il la sort d’une vie de routine identifiée aux films qu’Anita affectionnait, pour lui faire découvrir la vraie vie, la vie réelle, où Anita ne joue plus que son propre rôle.

Si l’histoire est intéressante et les personnages sympathiques, le scénario manque de richesse et l’action principale s’épuise aussi vite qu’elle avait mis du temps à s’installer. Pour finir, le film repose moins sur son intrigue que sur des effets comiques plus ou moins réussis : les flash-back, qui, au début, faisaient sourire, finissent un peu par agacer, tout autant que les " regards caméra " de l’actrice principale. Il en ressort comme une impression de fouillis, dont le loufoque peut plaire, mais qui reste un peu superficiel.