Dragon rouge
Red dragon

Film américain de Brett Ratner

Avec Anthony Hopkins, Edward Norton, Ralph Fiennes, Harvey Keitel, Emily Watson





Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 30-10-2002

Durée: 1h45

 

Monsters Inc.

A Hollywood, la saga du Silence des agneaux (concurrencée aujourd’hui par le Seigneur des anneaux) est un business à plein temps. La sortie du film est d’ailleurs programmée – quel hasard- la veille d’Halloween. On connaissait les sequels, il y a maintenant les before, ou comment tirer le maximum de profit d’un phénomène : Dragon Rouge sort après Le silence des agneaux, mais se passe avant.

Le livre de Thomas Harris, déjà été talentueusement adapté en 1986 par Michael Mann (Manhunter) fut un flop. Le couple de producteurs De Laurentis, soucieux d’exploiter à fond le filon Hannibal Lecter, choisit pour ce remake une prise de risque minime : un réalisateur peu audacieux (Bret Rattner) et un casting de qualité, bien mal utilisé. En outre, les personnages, stéréotypés, anéantissent toute possibilité de suspense. Ce brave Anthony Hopkins — a qui on a fait miroiter une somme considérable — cabotine, écarquille les yeux et montre les crocs. Edward Norton interprète un gentil policier, mari aimant et père attentionné, dans des scènes de famille dont on aurait pu nous faire grâce. Ralph Fiennes, quant à lui, confirme de grandes qualités d’acteur (bien que trop beau pour être crédible dans le rôle du type complexé par son physique). Les personnages féminins ayant généralement peu de place dans les thrillers, Emily Watson, en jeune aveugle, s’en sort plutôt bien.

Bret Rattner a recours ici à une mise en scène peu inventive, voire même carrément lourdingue, malgré quelques — piètres astuces scénaristiques. En particulier lorsque le film vire au drame faussement psychologique : le coup de la grand-mère persécutrice qui transforme son petit fils en serial killer… non, vraiment, on se paye notre tête.

Le film ne parvient pas à être sauvé, malgré un directeur de la photo exceptionnel, Dante Spinotti (LA Confidential) qui se sert d’une imagerie inspirée de " l’heroic fantasy " torturée de William Blake.

Dragon Rouge se situe à mi-chemin entre le premier opus, qu’il n’égale pas, et le piteux Hannibal qu’il surpasse de peu. Film pop-corn, soit, où l’on se laisserait volontiers aller dans son fauteuil s’il n’était pas aussi désespérément prévisible et, finalement, ennuyeux.