Créance de sang
Bloodwork

Film américain de Clint Eastwood
Scénario de Brian Helgeland, d’après le roman de Michael Connelly

Avec Clint Eastwood, Jeff Daniels, Wanda de Jesus, Anjelica Huston


Présenté au Festival du film américain de Deauville 2002


Par Laure Becdelièvre
 
Sortie le 23-10-2002

Durée: 1h49

 

Le repos du guerrier.

Pour son vingt-troisième film en tant que réalisateur, Clint Eastwood incarne Terry McCaleb, ex-profiler du FBI qui se remet d’une transplantation cardiaque. Deux ans après s’être effondré lors d’une poursuite avec un tueur en série, McCaleb doit se résoudre à la retraite forcée. Mais quand la sœur de la femme dont il a désormais le cœur le supplie d’enquêter sur l’assassinat de celle-ci, McCaleb ne peut refuser d’honorer cette " créance de sang ". Il décide alors de reprendre du service, malgré les mises en garde de son cardiologue…

Adapté du best-seller de Michael Connelly, Créance de sang explore à nouveau, dans la même veine que Space Cowboys, le thème du vieillissement dont l’ex-inspecteur Harry prend acte depuis plusieurs années. L’Eastwood-réalisateur tente ainsi de casser, en s’en amusant, l’image de dur à cuire de l’Eastwood-acteur légendaire, dans des films qui frisent souvent, et pour notre plus grand plaisir, l’auto-parodie. Ici, c’est dans le cadre du thriller policier qu’Eastwood confronte son personnage à de nouveaux défis.

Le mélange des genres fonctionne, mais reste ultra-classique : si le scénario, d’une grande méticulosité, est efficace, son caractère conventionnel rend l’histoire prévisible, et donc peu haletante, que ce soit dans le déroulement de l’intrigue comme dans la définition des personnages. Un flic à la retraite qui reprend du service, un petit inspecteur hargneux qui ne supporte pas d’enquêter dans son ombre, un tueur en série qui joue avec son adversaire de renom, un quota de minorités scrupuleusement respecté… : tout cela n’est pas bien original, et ne révolutionnera sans doute pas le genre du thriller, encore moins le septième art.

Mais là n’est sans doute pas le propos d’Eastwood, qui ne se soucie guère des modes qui traversent Hollywood: avec Créance de sang, sorte de petit plaisir personnel, c’est d’abord à ses fans qu’il s’adresse. Pour peu donc que l’on soit amateur de la griffe Eastwood, nul doute que l’on passera un moment agréable, à défaut d’être mémorable.