The Florida Project

Film américain de Sean Baker

Avec Willem Dafoe, Brooklynn Prince, Bria Vinaite, Valeria Cotto, Christopher Rivers, Caleb Landry Jones Karren, Karagulian


Sélection Quinzaine des Réalisateurs Cannes 2017


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 20-12-2017

Durée: 1h52

 

Mini Gang

Dès les origines, Hollywood a ouvert l’éventail de tout ce qui pouvait initier un genre inédit dans le cinéma naissant : comédie, drame, aventures, policier, western, musical, tout était bon pour attirer le public vers ce nouveau spectacle prodigieux. En 1922, le producteur Hal Roach ajoute à cette liste des films courts, Les petites Canailles, interprétés par de très jeunes enfants issus des quartiers populaires, garçons et filles, noirs et blancs, qui sont mal (ou pas) élevés, peu scolarisés et prêts à faire les pires bêtises dans le voisinage, ce qui permet de constater que, dès cette époque lointaine, Parité et Mixité étaient déjà les deux mamelles des programmes : cette série connaîtra un exceptionnel succès puisqu’elle durera jusqu’en 1944, en remplaçant progressivement les petits comédiens, bien entendu, mais en maintenant leurs personnages.

Depuis longtemps le réalisateur Sean Baker caressait le projet de ressusciter ce type d’histoire après avoir découvert, en Floride, toute une zone de motels le long de l’autoroute qui mène au Disney World, dans la banlieue d’Orlando. Cette abondante hôtellerie était destinée à la foule de touristes venue visiter le parc d’attractions. Cette invasion a aujourd’hui disparu et ces motels abritent désormais des familles en situation précaire. En voyant jouer des enfants dés½uvrés sur les bords de cette autoroute, Sean Baker et ses producteurs ont senti qu’ils tenaient là le décor idéal pour leur projet de ressusciter des Les petites Canailles modernes. Il ne restait qu’à découvrir les gamins qui incarneraient ce gang. Après un casting efficace, la troupe s’est reconstituée avec de dignes héritiers des petits acteurs d’origine, mais en plus voyous.

Hélas, le charme de ces courts métrages vintage destinés à ouvrir les séances à cette époque n’est plus au rendez-vous. Les blagues innocentes de ces petites canailles faisaient rire comme Laurel et Hardy, ce n’est plus le cas avec The Florida Project où le comportement des enfants (et des adultes) dans ces quartiers misérables est si antipathique, qu’il est difficile d’en rire. L’autre écueil qui mine l’intérêt est l’excessive durée du film qui approche les deux heures. Comme beaucoup de réalisateurs, Sean Baker pense que tous les plans qu’il a tournés sont nécessaires et doivent être utilisés : c’est donc lui qui effectue son montage. C’est dommage…