LUCKY

Film américain de John Carroll Lynch
Logan Sparks et Drago Sumonja

Avec Harry Dean Stanton, David Lynch, Ron Livingston, Ed Begley Jr, Tom Skerrit, Beth Grant, James Darren, Barry Shabaka Henley


Festival de St Jean de Luz Prix du Jury au Festival de Locarno


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 13-12-2017

Durée: 1h28

 

The End

John Carroll Lynch, fils de David, est d’abord un acteur qui a participé à 55 films, le premier étant Fargo des frères Cohen en 1996, sans compter de nombreux télé films. Durant cette longue pratique du cinéma, il a eu la chance de travailler avec des réalisateurs renommés qui lui ont donné progressivement l’envie de tenter, lui aussi, la réalisation. Deux scénaristes, Logan Sparks et Drago Sumonja lui ont proposé de tourner LUCKY qu’ils venaient d’écrire et destinaient à Harry Dean Stanton, impérissable acteur de 91 ans dont la longue carrière - plus de 200 films depuis 1957- a souvent été soutenue par David Lynch, qui joue d’ailleurs dans le film un personnage désespéré d’avoir perdu sa tortue - nommée Franklin Roosevelt ! - enfuie dans le désert. Comme on le voit, ce scénario penche vers une certaine fantaisie puisque la poignée d’habitants de ce village perdu n’a rien à faire, sinon refaire le Monde en se retrouvant au bar autour du presque centenaire, mais vaillant, Lucky.

Vieux cow-boy solitaire, Lucky se lève chaque matin, fait quelques mouvements de gymnastique, une toilette sommaire et commence par traverser le village en direction du bar. Fumeur invétéré, les mots croisés sont sa distraction favorite avec la musique "country" qu’il chantonne parfois à ses copains. Son médecin le complimente souvent sur le très rare bon état de ses organes étant donné son grand âge, mais Lucky n’est pas dupe : il attend patiemment la mort en sachant que, désormais, ses éventuels projets ne peuvent se dater en années, mais en mois, sinon en semaines. L’étonnant c’est que ce calendrier funèbre ne plonge pas le film dans la tristesse, alors que sur l’écran ce n’est pas seulement le personnage de Lucky qui s’exprime mais le vrai Harry Dean Stanton, tout de même assez délabré par la vieillesse. Cette tendance à l'optimisme est certainement une des clés de la séduction qu’il pouvait encore exercer sur son entourage professionnel et sur le public.

Harry Dean Stanton nous a quittés le 15 septembre 2017.

The End