BARRY SEAL American Traffic

Film américain de Doug Liman
Gary Spinelli

Avec Tom Cruise, Sarah Wright, E.Roger Michel, Jesse Piemon, Lola Kirke, Alejandro Edda, Benito Martinez, Caleb Landry, Jones et Jayma Mays





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 13-09-2017

Durée: 1h55

 

De vrais faux mensonges

Ce film est inspiré par la vie mouvementée de Barry Seal, ex brillant pilote de la TWA, engagé secrètement par la CIA durant les années 70/80 pour infiltrer les mouvements révolutionnaires d’Amérique Centrale en assurant le trafic de drogue entre la Colombie et les U.S.A. et celui des armes entre les U.S.A. et la Colombie, le tout à bord d’un petit avion de tourisme qui fera ainsi des allers-retours juteux sur le plan financier pour ce pilote devenu aventurier. Evidemment, ces transports illégaux ne seront pas punis puisque nous sommes dans le camp de la démocratie, donc des « gentils » et sous la très discrète protection de la C.I.A. et du Gouvernement. Il est évident que ce pactole inespéré améliore nettement la vie de Barry et de sa famille chérie à laquelle il avait caché sa démission de la TWA au début de cette nouvelle activité clandestine.

On peut mettre à l’actif de cette surprenante histoire une évidente critique des balbutiements de la politique américaine face aux petits Etats d’Amérique Centrale confirmés par des extraits d’interventions télévisées des Présidents Carter, puis Reagan. Un humour caustique baigne cette incroyable équipée qui va rendre millionnaire notre pilote qui assume désormais son statut de contrebandier légal. Les affaires sont si fructueuses que Barry engage du personnel et se trouve à la tête d’une petite escadrille de hors-la-loi jusqu’au jour où va éclater le scandale de l' "Irangate" qui sonnera la fin de cet incroyable trafic. Cette ténébreuse affaire accusait le Président Reagan d’avoir vendu des armes à l’Iran (alors en guerre contre l’Irak) en échange des orages américains détenus par le Hezbollah. Ces armes transportées par Barry étaient destinées aux "Contras" nicaraguayens en lutte contre le régime communiste de Daniel Ortega. Lâché par ses protecteurs, Barry va craindre pour sa vie ne sachant pas si l’éventuel règlement de compte viendra des guérilleros, de la C.I.A. ou du F.B.I. Soulignons également la très grande qualité des nombreuses séquences aériennes dans lesquelles le réalisateur Doug Liman et Tom Cruise, qui sont eux-mêmes d’excellents pilotes, s’en donnent à c½ur joie en laissant au placard les prodigieux effets spéciaux numériques qui hantent les Missions Impossibles précédentes. Une fois de plus, cet acteur/producteur ose prendre des risques que le public ne pourra qu’apprécier.

Au passif, regrettons seulement que certaines séquences de ce film aux évidentes qualités de rythme et de savoir-faire soient alourdies par l’interprétation caricaturale de ces sud-Américains moustachus et fourbes qui vocifèrent en permanence et par un trop grand nombre de missions aériennes identiques, donc répétitives : ce bon scénario aurait nettement gagné en sacrifiant vingt minutes de vols et, surtout, en évacuant cette B.O. incessante qui semble venir d’un "juke-box" qui se serait trompé de film.