Des Plans sur la Comète

Film français de Guilhem Amesland

Avec Vincent Macaigne, Philippe Rebbot, Suzanne Clément, Hafsia Herzi





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 21-06-2017

Durée: 1h33

 

Bric à brac

Formé par l’assistanat, Guilhem Amesland a réalisé des courts-métrages dans lesquels il a connu et apprécié le talent original de Vincent Macaigne. En l’accouplant à l’imprévisible Philippe Rebbot, un autre clown triste, il a constitué une paire de frères chamailleurs, menteurs et un peu escrocs qui essaient de tirer Des plans sur la comète, son premier long métrage.

La vieille camionnette des deux frangins, Michel et Franck, hésite dans un rond-point de banlieue proche de l’habituelle zone commerciale et pavillonnaire. Elle finit par trouver la maison délabrée que les deux frères doivent rénover alors qu’ils n’ont aucune compétence dans aucun domaine. Ces anti-héros bricolent vaguement dans le bricolage et tentent de survivre dans des boulots incertains. Michèle, la propriétaire des lieux, expose avec volubilité ce qu’elle envisage de transformer dans son pavillon. Michel boit ses paroles et tombe amoureux de la cliente, aussi sec, mais ce n’est guère réciproque. L’ampleur des travaux envisagés n’impressionne guère Franck qui entraîne son frère vers la grande surface voisine dédiée au bricolage pour trouver le matériel nécessaire à cet hypothétique chantier. Bien entendu, ils n’ont aucun moyen de payer ces éventuelles commandes mais, en traînant dans les rayons, ils font la connaissance d’une vendeuse contestataire et syndiquée qui va peut-être leur venir en aide pour renforcer la lutte contre le patronat.

La situation et les personnages de cette comédie plutôt sympathique sont ainsi mis en place mais son développement va s’avérer moins riche qu’on pouvait l’espérer. Ces deux frères, vieux adolescents intarissables, sont des "loosers" lâches et menteurs, de l’aveu même du réalisateur qui assume son penchant pour ces conflits issus de l’enfance et qui perdurent à l’âge adulte. Nostalgique des grandes comédies italiennes qui mêlaient hardiment le grotesque à la légèreté, Guilhem Amesland tente de rouvrir cette voie pour ces deux frères qu’un rien rapproche mais que tout sépare parfois. L’ennui c’est que leur bavardage dans cette scène de ménage permanente finit par occulter les molles démarches que font ces deux glandeurs pour tenter d’honorer leur promesse (hardie) de livrer les travaux dans les délais ou même, pour Michel, de séduire peut-être Michèle. Et, comme leur dialogue n’est ni séduisant, ni convaincant, on imagine mal quel miracle pourrait conclure un chantier et un flirt aussi mal engagés. Mais, finalement, c’est le choix du réalisateur qui avoue ne s’attacher qu’à des personnages dépourvus d’ambition et de "glamour". Après tout, pourquoi pas ? C’est lui l’artiste