LONDON HOUSE
The Ones Below

Film anglais de David Farr

Avec Clémence Poésy, David Morrissey, Laura Birn, Stephen Campbell Moore


Sélection 66e Berlinale


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 29-03-2017

Durée: 1h26

 

Voisinages

David Farr est surtout connu comme auteur et metteur en scène de théâtre. Actuel directeur de la Royal Shakespeare Company, il écrit également des scénarios pour le cinéma, la télévision… et pour lui-même avec ce London House, un premier long-métrage intéressant par le climat d’angoisse qui envahit cette histoire progressivement. Kate, Jon et leur chat habitent au premier étage d’un petit immeuble bourgeois situé dans un quartier résidentiel. L’appartement du rez-de-chaussée, inoccupé jusqu’alors, voit débarquer deux nouveaux locataires plutôt sympathiques, Theresa et Justin, avec lesquels une relation amicale va s’établir d’autant plus facilement que les deux femmes sont enceintes et que cette coïncidence les rapproche forcément malgré leurs caractères différents : Theresa est aussi joyeuse et séduisante que Kate est réservée et timide, ce qui ne les empêche pas d’aller ensemble à la piscine et d’imaginer leur bonheur prochain de devenir mères. Hélas, à la fin d’une soirée chez les voisins du dessus, Theresa fait une mauvaise chute dans l’escalier, provoquée par le chat de Kate, et perd son bébé. Cet accident involontaire brise leur amitié, une scène violente s’ensuit entre les deux couples, amenant Theresa et Justin à quitter l’immeuble tandis que Kate, effondrée, continue de se considérer comme peut-être responsable de ce drame.

Quelques mois plus tard, après la naissance du bébé de Kate, les voisins d’en dessous reviennent : ils souhaiteraient une réconciliation, regrettant la violence de leur colère suscitée par le chagrin. Peu à peu, leur relation amicale se rétablit, d’autant mieux que Theresa est une excellente baby-sitter. Cette étrange situation commence à générer un malaise qui évoque l’angoisse suscitée par Rosemary’s Baby de Roman Polanski, avec une notable différence à porter au crédit de David Farr : les voisins d’en dessous sont parfaitement normaux comparés au couple de vieillards diaboliques qui ensorcelait Rosemary. Mais je n’irai pas plus loin dans ce résumé afin de vous laisser apprécier les développements de ce récit jusqu’à sa conclusion qui, pour une fois, est aussi astucieuse que le reste du scénario. Avec un excellent quatuor de comédiens, David Farr a donc bien réussi son coup d’essai. (On peut seulement se demander pourquoi les distributeurs l’affublent de ce banal titre franglais alors que Les voisins d’en dessous ne trahissait pas le titre original.)