Ouvert la Nuit

Film français de Edouard Baer

Avec Edouard Baer, Sabrina Ouazani, Audrey Tautou, Michel Galabru, Christophe Meynet, J-M. Lami, Grégory Gadebois, PatrickBoshart, Marie-Ange Casta, Alka Balbir, Lionel Abelanski, Atem Kelif, Christine Murillo, Atsuhiko Dazai,


Sélection Festival d Angoulême


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 11-01-2017

Durée: 1h40

 

Rondes de nuit

Edouard Baer est un acteur apprécié pour l’humour discret dont il dote ses interprétations. Toujours élégant, faussement naïf et souvent provocateur, il évoque un Bill Murray frenchy dans des films aussi divers que ceux de P.Bonitzer, B.Blier, A.Resnais ou A.Chabat. Il a forgé son personnage de pince sans rire durant sa longue collaboration avec Canal +, émissions très appréciées des abonnés. En 2000, il réalise La Bostella , ébauche de film interprété par sa troupe d’humoristes qui ne rencontrera que l’adhésion des téléspectateurs séduits par l’esprit Canal. En 2005, il récidive avec Akoibon qui reçoit le même accueil pour les mêmes raisons. Aujourd’hui, avec Ouvert la nuitEdouard Baer nous propose un « vrai » film, avec un scénario dialogué qui raconte la folle nuit d’un directeur de théâtre qui doit affronter une série catastrophique de problèmes à la veille de la générale.

Ce road movie parisien nous transporte de nuit dans divers quartiers de la capitale où Luigi, le directeur du théâtre, tente de calmer les revendications de son personnel, soutenir ses comédiens harassés, retrouver un chimpanzé échappé, etc. sans perdre son sang-froid, son humour, son charme légendaire, l’estime de son assistante et son élégance naturelle. Rude soirée ! L’auteur Baer sert l’acteur Baer en enchaînant les séquences où il pourra démontrer ses talents multiples (on n’est pas maso), mais ce rythme soutenu, ces rencontres noctambules et l’abondance de dialogues incessants finissent par nuire quelque peu aux développements parfois saugrenus de cette soirée exceptionnelle. A part cette légère réserve, on ne peut pas reprocher au réalisateur Baer d’avoir voulu innover pour son premier « vrai » film : Jim Jarmusch et Wes Anderson ont largement réussi cet examen de passage délicat, il n’y avait donc aucune raison pour que Edouard Baer ne tente pas d’intéresser un public plus large que les abonnés de Canal +.