Atanarjuat

Film canadien de Zacharias Kunuk

Avec Natar Ungalaaq, Sylvia Ivalu





Par Henri LanoŽ
 

Durée: 2h50

 

L’intérêt essentiel de ce film qui nous vient du froid, est qu’il est écrit, interprété et réalisé par des Inuits, d’après des légendes ancestrales. Soit… Chacun sait que pour nous, les Occidentaux, tous les Chinois se ressemblent, mais on découvre que c’est encore pire avec les Esquimaux : j’ai eu beaucoup de mal à identifier les personnages qui ont tous la même silhouette, les mêmes lunettes, la même voix, et, lorsqu’ils se déshabillent, la même coupe de cheveux. Il est vraiment très difficile de distinguer les bons des méchants dans cet affrontement entre ces Capulet et ces Montaigu polaires et, donc, de prendre clairement parti dans l’histoire qu’on nous raconte et qui s’étale sur près de trois heures interminables. Cet homme rapide est vraiment une légende…On peut toujours imaginer que la post-production a eu lieu dans un igloo et que le monteur était engourdi par le froid ? Dommage, car de belles séquences sont noyées sous cet immense iceberg et le film aurait gagné en perdant une heure.

Atanarjuat a obtenu le Prix de la Caméra d’Or, offert par Kodak, à Cannes. Il faut souligner le fair-play de cet industriel qui améliore en permanence la qualité de ses émulsions et qui ne déjuge pas un Jury récompensant un film tourné en vidéo dont la qualité photographique finale est vraiment très médiocre. Masochisme de mécène ou, au contraire, suprême astuce pour enfoncer le rival numérique ?

Rappelons qu’il y a quatre-vingts ans, en noir et blanc, muet, et une heure dix-neuf, Robert Flaherty offrait Nanouk au monde émerveillé et que l’émotion suscitée en 1922 reste intacte.