Berlin is in Germany

Film allemand de Hannes Stöhr

Avec Jörg Schüttauf, Julia Jäger, Tom Jahn…


Festival du film de Berlin, Panorama 2001 Prix du public ; Prix de la critique Allemande Meilleur film de l’année 2002, Meilleure interprétation masculine. Prix à Valence, Annonay, Poitiers, Hambourg


Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 02-10-2002

Durée: 1h30

 

Les couloirs lugubres d’une prison. Un maton déambule dans l’obscurité : soudain, une rumeur signale la présence de prisonniers, reclus dans l’ombre. Ce qui commence comme un film d’épouvante prend place au moment de la chute du mur de Berlin, dans la prison de Brandenbourg, où sont incarcérés les opposants au régime soviétique et les " droit commun ".

Le jeune réalisateur allemand Hannes Stöhr prend appui sur une réalité qui date maintenant d’une dizaine d’années : des prisonniers, " oubliés " après la chute du mur de Berlin, moisissent dans les prisons d’Etat. Le cinéaste se trouve donc face à un leg historique et à la persistance d’un clivage, qu’il dénonce dans son film.

 

Aujourd’hui, le détenu dans sa cellule ne vit plus hors du temps : la télévision se charge d’être le miroir d’un monde qui a changé sans lui. Ainsi, le paysage qui défile sous les yeux du héros, Martin Schultz, fraîchement libéré, n’est donc pas totalement une découverte, mais il est la matérialisation du temps perdu. Le film a Berlin pour cadre, montré comme un immense chantier, emblématique de la réunification de l’Allemagne, ainsi que de ses failles. Le personnage incarne donc deux perspectives intéressantes : les changements de la nouvelle Allemagne et, à côté, la difficulté de se réinsérer dans la société (70 à 80 % de récidive).

Berlin is in Germany est une tragi-comédie captivante, qui évite l’écueil misérabiliste de tant de films réalistes. Il marque, pour certains, la découverte, et pour d’autres la renaissance d’un formidable acteur, Jörg Schüttauf, sur lequel repose tout l’équilibre du film. Cependant, un peu formatée et manichéenne, la réalisation penche parfois du côté du téléfilm avec des personnages secondaires stéréotypés.

Malgré ces quelques réserves Hannes Stöhr signe un premier film tout à fait réussi : mais si le talent est là, il manque encore l’audace !