Une Belle Fin
Still Life

Film anglais de Uberto Pasolini

Avec Eddie Marsan, Joanne Froggat, Karen Drury, Andrew Buchan, Neil D Souza, Paul Andeson, Tim Potter


Biennale de Venise 2013 Meilleur Réalisateur Festival d Edimbourg Meilleur Acteur


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 15-04-2015

Durée: 1h27

 

Morts oubliés

Enfin, un scénario vraiment original. On ne pourra pas reprocher à Uberto Pasolini (aucun lien avec Pier-Paolo) la banalité de son sujet. Le cinéma d’action qui comptabilise une innombrable quantité de cadavres depuis son invention fait son beurre avec les meurtres et la violence : westerns, polars, films de guerre, etc. tout est bon pour transformer le spectacle en hécatombes qui remplissent les tiroirs-caisses.

Mais que fait-on de ces cadavres accumulés ? Les scénaristes ne s’en occupent guère. C’est là que l’humour macabre de Uberto Pasolini dévoile son originalité en nous racontant le parcours de John May, employé funéraire scrupuleux et maniaque, qui a pour mission de rechercher les proches des personnes décédées sans famille et, en cas d’échec, d’organiser des funérailles décentes auxquelles il assiste en solitaire après avoir rédigé l’éloge funèbre de ces disparus inconnus de lui. Une Belle Fin est le deuxième long métrage de ce réalisateur atypique qui a commencé comme producteur auquel on doit, entre autres, The Full Monty (1998), très grand succès public qui mêlait déjà un humour très british au sort des chômeurs frappés par la crise économique. Uberto Pasolini a découpé son film comme une bande dessinée : plans fixes face aux décors à plat, goût pour la symétrie, peu de mouvements de caméra mais beaucoup de soutien musical, répétition systématique de certains trajets. Quelques scènes évoquent Ozu… ou même Chaplin. Il y a pires influences !

John May, fonctionnaire modèle, célibataire et discret, enquête donc sur les rares voisins ou proches du défunt afin de préparer ces funérailles insolites, jusqu’au jour où le prochain « client » s’avère être un voisin qu’il n’avait guère fréquenté. Au moment où il va commencer son dossier, la Direction du service lui annonce qu’elle supprime son emploi pour cause de lenteur excessive dans son exécution. John May, effondré, obtient tout de même de terminer ce qui sera sa dernière enquête. Je laisse, bien entendu, la suite en suspens afin que le spectateur prenne plaisir à la découvrir en compagnie de Eddy Marsan, acteur au physique étrange qui incarne ce fonctionnaire rigoureux, parti désormais à la découverte progressive d‘une autre vie que celle qu’il menait jusqu’alors, jusqu’à une conclusion inattendue mais parfaitement réussie.