Le Dernier Coup de marteau

Film français de Alix Delaporte

Avec Romain Paul, Clotilde Hesme, Grégory Gadebois, Farida Rahouadj, Candela Pena, Tristan Ulloa, Mireia Vilapuig, Victor Sanchez, Farid Bendali


Festival de Venise Prix Marcello Mastroianni du Jeune Acteur


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 11-03-2015

Durée: 1h23

 

Angèle et Tony vs Nadia et Samuel

En 2010, Alix Delaporte réalisait son premier film, Angèle et Tony, sélectionné au Festival de Venise et interprété par Clotilde Hesme et Grégory Gadebois, deux comédiens qu’un César des Meilleurs Espoirs allait récompenser. Ce film sensible et délicat décrivait la rencontre de deux timides qui s’apprivoisaient mutuellement. Le charme de cette rencontre réussissait à masquer quelques faiblesses dans la conduite du récit. Ces deux « espoirs » se retrouvent aujourd’hui dans Le dernier coup de marteau mais, cette fois-ci, ils incarnent un couple séparé depuis la naissance de leur enfant, Victor, qui a 13 ans et n’a jamais connu son père devenu un célèbre chef d’orchestre. Celui-ci vient donner un concert à Montpellier, proche du hameau sur le littoral où habitent Victor et sa mère.

Autant Grégory Gadebois était crédible en Tony, marin-pêcheur mutique, autant on a du mal à le voir incarner un "maestro" inspiré par Mahler. Clotilde Helme ne s’en sort guère mieux : après avoir été Angèle, délinquante libérée de prison mais ayant perdu l’estime de son petit garçon, la voici dans le rôle de Nadia, cancéreuse aux prises avec une chimio redoutable et un fils qui recherche son père, démarche qu’elle n’encourage pas. Son destin cinématographique est vraiment cruel. Heureusement, il reste une lueur d’espoir pour le jeune Romain Paul, dans le rôle de Victor, le personnage le plus crédible de cette histoire qui lui a rapporté le Prix Marcello Mastroianni décerné à un jeune acteur au Festival de Venise où le film était dans la sélection officielle.

De plus en plus persuadé que le "maestro" pourrait être son père, Victor va faire son siège durant les répétitions jusqu’à ce que dernier daigne lui prêter un peu d’attention. Mais l’évolution de cette relation est ébauchée sans que naisse vraiment une parcelle d’émotion, tant les protagonistes ne se livrent pas. La conclusion du scénario n’est guère plus limpide : Victor parvient enfin à entraîner sa mère pour assister au concert mais, dans l’escalier d’accès à la salle, ils rebroussent soudain chemin et vont contempler le soleil se couchant sur Montpellier. Est-ce la hantise d’éviter une fin heureuse pour un sujet dramatique ? Alix Delaporte ne manque pas de talent mais elle pourrait, sans déchoir, faire appel à un scénariste qui développerait davantage ses idées et structurerait des situations et des personnages qui restent trop à l'état d'esquisses.