The Boxtrolls

Film américain de Stacchi/Annable
Inspiré par les livres d Alan Snow

 
Sortie le 15-10-2014

Durée: 1h37

 

A l ancienne...

Comme son nom l’indique, le dessin animé était, depuis les origines, constitué d’une succession de dessins différents, exécutés à la main, reconstituant un mouvement qu’on filmait image après image : Walt Disney, Max Fleischer, Tex Avery, Paul Grimault furent les pionniers de ce court spectacle qui était très populaire comme première partie d’une séance de cinéma et entra dans la cour des grands avec Blanche Neige et les 7 nains, premier long-métrage d’animation qui est réédité régulièrement depuis 1937. Rappelons que, à raison de 24 images par seconde, 129600 images sont nécessaires pour animer un film de 90 minutes.

Un autre domaine de l’image animée utilisait des personnages articulables - ou des objets - que l’animateur déplaçait imperceptiblement, en déclenchant la caméra après chaque changement de position. Cette méthode était plus répandue en Europe où s’illustrèrent Alexandre Alexeieff (utilisant une surface formée de centaines de têtes d’épingles plus ou moins enfoncées) ou le Tchèque Jiri Trnka, scénariste et animateur de marionnettes dans d’admirables films empreints de poésie. Citons également le trio Bettiol-Lonati-Bettiol dont les séries télévisées aux personnages humoristiques amusèrent des générations d’enfants.

Toutes ces techniques semblent bien préhistoriques depuis que l’informatique est venue relayer ces méthodes artisanales, en révolutionnant le mode de fabrication avec des résultats incontestables dans tous les domaines : animation, rendu des matières, décors, textures, éclairages, son, 3 D, etc. Chaque année, la liste s’allonge depuis la révolution initiée par Toy Story de John Lasseter (1995), Shrek (2001) ou Rango (2011), entre autres jalons. Et pourtant, voici qu’apparaît, au bout de cette chaîne, The Boxtrolls, film réalisé par Anthony Stacchi et Graham Annable, qui reprennent la technique des marionnettes filmées image par image, comme au bon vieux temps, mais avec le luxe, le confort et la qualité que permet l’outil numérique. Le résultat est tellement stupéfiant que le spectateur aura du mal à croire que l’ordinateur ne soit pas l’unique responsable de ce prodige technique. Je lui conseille donc de rester jusqu’à la fin du générique où il pourra voir, en accéléré, la fébrile activité d’un animateur aux prises avec une marionnette dans son décor. Comme le dit avec pertinence Travis Knight, un des producteurs du film « C’est de la magie cousue main ». Plus de cinq cents personnes ont participé à la réalisation de ce spectacle virtuose. (Ayons une pensée pour Bettiol, Lonati et Bettiol qui n’étaient que trois pour tout faire). Mais à quel public s’adresse The Boxtrolls? Ce scénario hybride semble bien compliqué pour de jeunes enfants et bien puéril pour les ados d'aujourd'hui. Restent les parents qui ont, peut-être, gardé leur âme d’enfants du siècle dernier.