La Braconne

Film français de Samuel Rondiere

Avec Patrick Chesnais, Rachid Youcef, Audrey Bastien, Husky Kihal, Moïse Santamaria, Jean-Michel Fête, Xavier Maly, Djedje Apali, Hervé Devolder, Aude >Laurence Clermont Biver, Isabelle Renauld





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 02-04-2014

Durée: 1h22

 

Initiation

Voici une semaine où les premiers longs-métrages offrent des qualités qui justifient leur existence. Aux antipodes des moyens dont dispose Carl Rinsch pour réaliser 47 Rônins, Samuel Rondiere nous propose La Braconne qui prend à contre-pied la plupart des éléments habituels des films de voyous, refusant les lieux communs (mal famés) et les bars louches où des mauvais garçons montent des « coups » qui déclenchent d’interminables poursuites en voiture de nuit, etc. Nous ne voyons aucun de ces poncifs dans La Braconne qui se déroule dans une paisible province ensoleillée, essentiellement sur les parkings des grandes surfaces, décor où Danny, un vieux malfaiteur fatigué mais encore efficace, exerce son activité d’arnaqueur tout en cherchant, l’âge venant, un complice pour l’aider dans ses combines. Il va recruter Driss, un voyou débutant et analphabète, qui a tout à apprendre de cette activité : non seulement il ne sait pas lire, mais il ne sait même pas conduire une voiture ! Là aussi, Samuel Rondiere évite l’habituel schéma du jeune naïf éduqué par le vieux malin qui transmet son savoir jusqu’à une fin épanouissante. Le couple Danny / Driss cahote sans cesse et ne trouve jamais son équilibre. Enfin, le choix de Patrick Chesnais, dans un contre-emploi total, apporte au film une crédibilité qu’un acteur connoté « voyou tradi » n’aurait pas assurée aussi nettement.

L’efficace rafraîchissement apporté par cette vision réellement originale à des situations déjà abondamment traitées est soutenu par une réalisation vive, enchaînant de courtes séquences nerveuses qui maintiennent le rythme et l’intérêt du spectateur. Le trio de monteurs, dont Yann Dedet, n’est certainement pas étranger à ces qualités. Signalons également, pour les amateurs d’un cinéma qui s’exprime par l’image, le très beau plan final où la Mercédès de Danny, conduite par Driss, tourne inlassablement autour d’un rond-point avant de se décider pour une sortie : échappée ou replongée ? C’est à vous de décider.