TONNERRE

Film français de Guillaume Brac

Avec Vincent Macaigne, Solène Rigot, Bernard Menez, Jonas Bloquet, Hervé Dampt, Marie-Anne Guérin





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 29-01-2014

Durée: 1h40

 

Bien fol qui s y fie

Formé à la Femis, Guillaume Brac a déjà co-produit et réalisé deux moyens métrages – Le Naufragé (2009) et Un Monde sans Femmes (2011) – avant d’affronter son premier long, Tonnerre.

Le point commun entre ces trois films est la présence du même acteur dans le rôle principal : Vincent Macaigne qui est, rareté remarquable (et sauf erreur), le seul mentionné dans le générique du début bien que le reste de la distribution ne mérite pas cet excès de discrétion : la jeune Solène Rigot incarne avec sensibilité l’adolescente qui fait rêver le rockeur de passage, de même que l’excellent Bernard Menez, en père heureux d’accueillir son fils venu se réfugier dans la maison familiale pour se ressourcer après quelques déconvenues parisiennes. Quant au titre inquiétant qui laisse présager l’approche d’une tempête, il est astucieusement emprunté au chef-lieu bourguignon où se déroule cette romance imaginée par Guillaume Brac qui va évoluer en drame.

Maxime, rockeur trentenaire et méconnu, tombe amoureux de Mélodie, jeune stagiaire journaliste du journal local venue l’interviewer. Elle-même n’est pas insensible au charme du musicien et le couple affiche bientôt un bonheur total avec la bénédiction de Claude, le père de Maxime, heureux de voir sa maison vide revivre après la mort de sa femme. Cette histoire romantique se déroule paisiblement dans une ville paisible que la caméra du réalisateur nous dépeint pleine de charme et de mystères cachés, de même que les paysages enneigés alentour nous donnent souvent l’impression d’un film tourné hors de France alors que nous sommes au centre de la Bourgogne.

Cette tendre idylle est brutalement interrompue lorsque Mélodie disparaît soudainement, sans avertissement. Dès ce moment, l’histoire bascule et change totalement de registre. Broyé de chagrin et d’inquiétude, Maxime finit par découvrir qu’elle a renoué avec son ex, Ivan, jeune joueur de foot du club local. Guillaume Brac commence alors l’étude d’une jalousie maladive qui va pousser le trop sentimental Maxime vers un désir de vengeance que rien ne peut plus contenir. Traité de pédophile par son jeune rival, ira-t-il jusqu’à l’irréparable ? Mélodie balance entre ces deux hommes, sans pouvoir décider lequel choisir. Le réalisateur passe efficacement de la romance à la violence du thriller et son scénario maîtrise cette transition difficile jusqu’à la scène finale où Mélodie va devoir faire un choix que je ne dévoilerai pas. Après cette tension qui a suralimenté notre intérêt jusque-là, on s’étonne de découvrir un épilogue vaguement «optimiste» entre le père et le fils qui paraît bien faiblard pour conclure cette crise dramatique. Malgré cette réserve, Tonnerre reste cependant un premier film intéressant et plutôt réussi comparé à la pléthorique concurrence dans cette catégorie.