MINUSCULE La Vallée des Fourmis Perdues

Film français de Hélène Giraud

Avec Film d animation





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 29-01-2014

Durée: 1h29

 

Macrocosmos

Hélène Giraud et Thomas Szabo sont les créateurs de la très populaire série télévisée Minuscule inspirée par la vie romancée des insectes. Ces courts films d’animation (5 minutes) sont muets - avantage qui leur a permis d’être vendus aux télévisions du monde entier – et dépourvus de musique.

En réalisant ces petits sketches, les auteurs avaient déjà en tête le projet de passer à l’étape Majuscule, autrement dit un long métrage en cinémascope 3D, doté d’un scénario digne de cette ambition et d’une musique « à l’américaine », soulignant en permanence l’action ou les sentiments des personnages qui s’exprimeraient en langage insecte, évidemment. C’est chose faite. Abandonnant le bocage normand de la série télé, ce Minuscule nouveau (et XXL) nous entraîne dans le décor somptueux des montagnes du Mercantour qui va servir de champ de bataille aux braves fourmis noires, dirigées par Mandibule alliée à l’astucieuse Coccinelle, contre les méchantes fourmis rouges sous la férule du fourbe Butor.

Graphiquement, Minuscule rejoint la perfection des productions américaines. Sur fond de prises de vues réelles de paysages alpestres évoluent, dans cet espace filmé en 3D, les personnages de cette aventure qui échappe aux limitations habituelles du dessin animé « à plat ». On admet sans mal que ces insectes totalement "synthétiques" se déplacent réellement dans ces prairies ensoleillées ou ces bords de rivière pleine de dangers. Grâce aux progrès permanents de l’informatique, les nouvelles techniques d’animation s’améliorent sans cesse et les grandes compagnies hollywoodiennes comme I.L.M., Pixar ou Disney produisent chaque année des longs métrages qui rencontrent la faveur d’un large public. On apprécie aujourd’hui, avec plaisir, que de nombreuses équipes d’artistes français supportent désormais la comparaison avec les films d’outre-Atlantique. Nous ne sommes plus à l’époque où, seul dans son atelier du XIIIe arrondissement, Paul Grimault osait affronter les Disney, Fleischer ou Tex Avery qui régnaient exclusivement sur ce domaine de la création cinématographique : de nos jours, la french touch fait enfin jeu égal. On ne peut que s’en réjouir.