Henri

Film français de Yolande Moreau

Avec Pippo Delbono, Candy Ming, Jackie Berroyer, Simon André, Lio, Gwen Berrou, Brigitte Mariaulle, Serge Larivière, Yolande Moreau


Clôture de la Quinzaine des Réalisateurs Cannes 2013


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 04-12-2013

Durée: 1h47

 

Histoire simple

Neuf ans après Quand la mer monte, Yolande Moreau revient à la réalisation avec Henri qu’on ne pourrait attribuer à personne d’autre tant on retrouve l’univers de cette artiste imprégnée par la région du Nord et ses habitants. Il est agréable de constater que, abandonnant rarement les standards répétitifs de l’actuelle production mondialisée, le cinéma retrouve parfois sa principale originalité et s’imprègne de la culture des peuples pour mieux nous les faire connaître : les films italiens d’après guerre, la vie des Suédois selon Bergman, les méridionaux dépeints par Pagnol et Guédiguian, le quotidien des Japonais ou des Québécois, tous ces témoignages qui nous permettent de découvrir comment vivent les voisins dans notre petite planète, si souvent en proie à d’imbéciles conflits permanents, hélas.

Dans ce film franco-belge, Yolande Moreau nous décrit donc la vie d’Henri, émigré italien, qui tient un bar dans la région de Charleroi, en Belgique. Colombophile, il tue les longues soirées en buvant de la bière, machinalement, avec ses vieux copains. Sombre et plutôt taiseux, il n’est guère plus bavard avec sa femme quand il s’allonge pour dormir à son côté, comme un étranger. Ainsi va leur vie… Sans prévenir, sa femme meurt soudainement et Henri se retrouve désemparé, ayant du mal à assurer désormais la gestion du bistrot. Sa fille lui suggère d’engager une pensionnaire du foyer pour handicapés mentaux, proche de son bar, afin de l’aider dans les tâches ménagères. On engage donc Rosette. Bien qu’atteinte d’une légère déficience, elle est capable de gérer ce travail et, peu à peu, s’éprend d’Henri qui a deux fois son âge et ne lui porte guère attention. Les soirées arrosées reprennent donc comme avant et un matin, Henri se réveille avec Rosette dans son lit, incapable de se souvenir de ce qui s’est passé. Un début de rumeur hostile finit par chasser le couple qui part faire une escapade vers le bord de mer…

Les qualités qui caractérisent Yolande Moreau - goût du récit par l’image, dialogues réduits au strict nécessaire, colonne sonore édifiée avec les bruits du réel, usage discret de la musique – accompagnent cette histoire simple jusqu’à une conclusion que je ne dévoilerai pas et dont le couple insolite formé par Pippo Delbono et Candy Ming constitue la base essentielle sans que nous soit vraiment révélée l’exacte teneur de leur relation. C’est là que réside tout le charme de ce récit proche du conte.