VANDAL

Film français de Hélier Cisterne

Avec Zinédine Benchenne, Chloé Lecerf, Emile Berling, Jean-Marc Barr, Brigitte Sy, Ramzy, Marina Foïs





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 09-10-2013

Durée: 1h24

 

Tag ado

Encore un film consacré aux difficultés du passage à l’âge adulte pour les adolescents. On constate de plus en plus que le cinéma mondial contemporain ne se repaît que de violence sous toutes ses formes, meurtres odieux, héros "bad boys", invasions d’extra-terrestres hostiles, perversions de tous ordres, cannibalisme et banlieues difficiles avec une jeunesse sans repères : voilà les thèmes qui se succèdent sur les écrans. Bonjour la morosité ! Quoique ces comportements soient heureusement ultra minoritaires dans la vraie vie (surtout chez les extra-terrestres), l’armée de jeunes gens qui se lancent chaque année dans un premier film sont encore proches de cet âge plein de doutes et n’oseraient jamais proposer un scénario libéré de ces poncifs, une histoire, par exemple, où les adolescents s’intéresseraient aux études, réussiraient leurs concours, auraient des rapports affectueux avec une famille unie, deviendraient même concertistes ou architectes après des années d’un travail acharné… J’imagine que vous baillez déjà devant de telles ringardises…
Remercions Hélier Cisterne qui ose emprunter tout de même cette direction vers une attitude "positive" puisque son jeune héros, Chérif, tente d’échapper aux divers malaises de l’âge ingrat en découvrant l’Art grâce aux graffiti exécutés dans la nuit sur les divers murs de la cité et en arrivant à s’intégrer à une équipe de créateurs. C’est l’élément le plus novateur de son scénario car chacun de nous s’est souvent demandé par qui - et comment - ont pu être bombés ces énormes tags sur des endroits apparemment inaccessibles, espérant que le film apporterait une réponse à cette énigme. Malheureusement, toute cette activité créatrice se passe de nuit, avec des participants cagoulés et invisibles dans leurs tenues noires, ce qui n’aide guère les prises de vues. Le film se désintéresse donc de l’exploit sportif et esthétique qu’accomplissent ces artistes "graffeurs" peu connus du public et, surtout, ne nous montre pratiquement rien des oeuvres une fois achevées, d’où une évidente frustration du spectateur. Cependant, malgré ces regrets, il y a de réelles qualités dans ce premier film nerveux et rythmé, bien soutenu par de bons acteurs, qu’ils soient professionnels ou pas.