Amour et Turbulences

Film français de Alexandre Castagnetti

Avec Ludivine Sagnier, Nicolas Bedos, Clémentine Célarié, Michel Vuillermoz, Jonathan Cohen, Brigitte Catillon, Jacky Berroyer, Arnaud Ducret





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 03-04-2013

Durée: 1h36

 

Macho, aéro, bobo

Pour son premier long-métrage, Alexandre Castagnetti nous offre un film léger et inventif qui paraît réalisé par un vieux briscard de la comédie sentimentale. Il est interprété par un nouveau trentenaire glamour, Nicolas Bedos - dont c’est le premier grand rôle - qui dépasse en séduction les acteurs de sa génération et possède, en plus, un talent d’auteur et de dialoguiste qui fait pétiller ce scénario, le hissant au niveau des classiques anglo-saxons dans la lignée de Quand Harry rencontre Sally,Love Actually et autres Nuits blanches à Seattle.

Paradoxalement, la réussite de cette histoire insolente est due à la totale goujaterie du héros : alors que Hugh Grant ou Tom Hanks, intimidés dans leurs balbutiantes démarches amoureuses, nous émeuvent, Bedos le macho traite les filles comme du bétail, les prend puis les jette, est ravi de son surnom « two weeks lover », se parfume au lieu de se laver, ment comme il respire, bref, il est parfaitement haïssable et, évidemment, recherché par les demoiselles. Ce charme pervers avait fait succomber la charmante Ludivine Sagnier dans le passé et le hasard - ce fidèle complice des scénaristes inspirés - fait rencontrer ces deux ex- dans le vol New York / Paris. Ce couple qui s’est tant aimé pourra-t-il se retrouver au bout des quelques heures passées dans l’A-380 qui le ramène au pays ?

Issu d’un script américain remanié et trituré par une demi-douzaine de coadaptateurs – dont Castagnetti et Bedos qui ont peaufiné le résultat - on pouvait redouter le résultat d’une collaboration aussi fournie mais le scénario, bâti sur une avalanche de flashes-back évoquant les amours passées, reste cohérent. La réalisation alterne adroitement le huis-(très) clos de l’avion et les souvenirs de la vie de ce couple trépidant, en utilisant de subtils effets spéciaux de transitions entre l’évocation de chaque décor. Une B.O. de standards américains, échelonnés le long de l’action, donne à cet Amour et Turbulences la touche jazzy qui caractérise les comédies anglo-saxonnes actuelles. Ultime et nécessaire atout d’une comédie bien maîtrisée, une troupe d’excellents comédiens soutient cette aventure para conjugale grâce à des dialogues qui font mouche. Un seul regret dans ces louanges : Hugo, le copain confident de notre héros, est traité comme un "super macho" vraiment trop caricatural dans cette galerie de personnages qui s’affrontent avec des caractères crédibles et bien dessinés.