Mariage à Mendoza

Film français de Edouard Deluc

Avec Nicolas Devauchelle, Philippe Rebbot, Gustavo Kamenetzky, Paloma Contreras, Benjamin Biolay





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 23-01-2013

Durée: 1h34

 

Caretera Pelicula

C’est sans doute ainsi que Marcus, le héros du film qui parle espagnol comme une vache française, traduirait "road movie". Cette fois-ci, il ne s’agit pas de l’habituelle balade à travers les Etats-Unis, mais d’une virée entre Buenos Aires et Mendoza, soit près de 1 000 km, quand même ! On est loin du périple motocycliste de Che Guevara en Amérique du Sud que nous contait Walter Salles dans Carnets de Voyage (2004) mais, comme il n’y a guère de rapport entre ces deux randonnées…

Marcus débarque donc à Buenos Aires avec une sorte de loque humaine, son frère cadet Antoine, qui traverse une grave dépression parce que sa femme l’a quitté. Le motif du voyage étant d’assister au mariage de leur cousin Xavier qui va avoir lieu à Mendoza, le grand frère va se transformer en vraie mère poule et tenter de consoler l’épave, tout en réglant les problèmes de leur débarquement dans un sabir franco-espagnol que les Argentins essaient de décrypter. Ce personnage réjouissant est interprété par un acteur/auteur nouveau venu, Philippe Rebbot - mélange subtil de Pierre Repp et Groucho Marx - qui passe de la comédie au tragique avec un égal talent.

Ce comédien découvert par Edouard Deluc est un des atouts de ce premier film. Formé à l’école du clip et du court-métrage, il a repris le scénario de l’un d’eux, Dónde está Kim Basinger ? - lauréat de nombreux prix dans divers festivals – et l’a développé en long-métrage avec l’aide de ce fameux Philippe Rebbot. Cette comédie alerte et inventive tricote une histoire qui sait ménager des surprises au spectateur grâce à la petite troupe d’acteurs argentins qui accompagne Nicolas Devauchelle, en cadet désespéré et Benjamin Biolay, en marié nonchalant. Dans cette équipée, le désir et l’amour vont s’affronter tandis qu’une mystérieuse évolution des liens fraternels va faire progressivement inverser la relation entre Antoine et Marcus : plus le cadet récupère, plus l'aîné désespère. Je n’en dirai pas plus.