Par amour

Film français de Laurent Firode

Avec 18 Amis Comédiens





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 26-12-2012

Durée: 1h55

 

Par amour... du Cinéma

A ce jour, je n’avais vu aucun des films du discret Laurent Firode. Pourtant, entre les longs, les courts et les téléfilms, il en a réalisé près de vingt en quinze ans. Cette fécondité ne peut laisser indifférent et un tel désir de filmer mérite d’être soutenu puisque aucun de ses longs métrages n’a été tiré à 800 copies et que, même si elle paraît privilégiée en sortant pendant « les Fêtes », sa fragile romance sentimentale ne risque pas de concurrencer les escadrilles de blockbusters qui atterrissent sur les écrans de cette fin d’année.

Sous la houlette d’un professeur d’art dramatique, une troupe de théâtre amateur s’attaque au Romeo et Juliette de Shakespeare. Cet exercice va avoir des répercussions diverses sur la vie de ces « élèves » - y compris celle du professeur - qui sont généralement plus proches de la cinquantaine que de l’adolescence. Ce film choral est donc formé d’un entrelacement de courtes scènes tragi-comiques alternées qui décrivent l’évolution du sentiment amoureux chez tous ces personnages qui s’emparent progressivement du conflit Montaigu "vs" Capulet en le répercutant dans leur propre vie. Le principe est riche d’intentions et une vaillante troupe de comédiens soutient cet intéressant projet qui, soulignons le, a été tourné en 12 jours !

Mais, après une ouverture plutôt alerte qui met en place les personnages et leurs relations réciproques, le rythme du récit s’essouffle, les scènes tendent à se répéter et Laurent Firode ne parvient pas à conclure aussi légèrement son scénario qu’il l’avait commencé, d’où des redondances et une série de fausse fins qui se succèdent dans la dernière partie. Comme il est à la fois auteur, réalisateur et monteur, il lui est difficile de dénicher de possibles allègements car il doit penser que tout ce qui est écrit, tourné et monté est forcément indispensable, d’où les vingt minutes de trop. C’est dommage car, en général, une bonne dernière bobine efface souvent les éventuelles chutes de tension en cours de récit et le public sort satisfait. Espérons que le réalisateur de cette intéressante tentative de cinéma libre tienne compte de cet avis amical car il faut soutenir les créateurs originaux qui sont de plus en plus rares.