Entre chiens et loups

Film français de Alexandre Arcady

Avec Richard Berry, Saïd Taghmaoui, Anouk Grimberg





Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 11-09-2002

Durée: 1h50

 

Beaucoup de bruit(s) pour rien

Entre chiens et loups… à l’évocation poétique du titre, je me rappelle les soirées parisiennes où le soleil se couche, où la nuit s’immisce lentement. Halte là malheureuse !

Mouvements de caméra version clip, musique techno assourdissante, courses poursuites, hélicoptères, explosions. Chouette, une bande-annonce ! Au bout de dix minutes de ce rythme infernal je me rends à l’évidence : il s’agit du film.

Mafieux avec accents de l’Est, escrocs à 2 euros : je remarque que le chef d’une organisation sanguinaire ressemble étrangement à Jean-Louis Debré. Le film montre Richard Berry en vieux sage désabusé et roublard (façon Gérard Lanvin dans Le boulet) flanqué d’un acolyte ayant apparemment subi une ablation cérébrale (Saïd Taghmaoui). Tout le monde a des impôts à payer. Bon.

Dialogues bidons, ralentis, insultes, travelling accéléré, hurlements, fuite, sirènes de police, mitraillettes qui crépitent, politiciens véreux qui déblatèrent, paquets de dollars, call girls, mamelles ballottantes, sang qui gicle, pneus qui crissent, fumée de cigarette…

Je regarde tout ça d’un œil perplexe, dans un état second, agitée de soubresauts que provoquent les bruits tonitruants en provenance de l’écran. Tiens, si j’allais me laver les mains ? Je partage mon désarroi avec un barbu croisé aux toilettes. Dans le couloir, des critiques téléphonent, un peu honteux (" non chérie, je ne peux pas parler trop fort… oui je vais essayer de filer en douce sans me faire remarquer… "). Retour dans la salle qui se vide à vue d’œil. Mon voisin s’allonge et pose ses chaussures sur mon bras. Je l’envie : comment fait-il ? Il y a tellement de bruit qu’on ne peut même pas dormir. C’est le comble !

Conclusion : un film pleins de loups, qui manque cruellement de chien.