La sirène rouge

Film français de Olivier Mégaton

Avec Asia Argento, Jean-Marc Barr, Alexandra Negrao, Frances Barber





Par Marina Klimoff
 
Sortie le 21-08-2002

Durée: 1h58

 

Alice, 12 ans, décide enfin de dénoncer sa mère à la police. La voilà poursuivie par des tueurs, mais protégée par un mercenaire et une inspectrice…

Tout a commencé il y a sept ans, quand Yves Marmion, producteur à UGC, proposait à Olivier Megaton, à la vue de ses courts métrages, de faire du célèbre polar de Maurice G. Dantec "La sirène rouge", un film. Jean-Jacques Beineix et Regis Wargnier furent un temps intéressés par le projet, mais vu le contexte politique de l’époque (guerre en Yougoslavie), ils abandonnèrent l’idée. Finalement, le film se retrouva chez Haut et Court, avec Olivier Megaton aux commandes. Entre temps, il a fait "Exit", son premier long, afin de montrer de quoi il était capable. Film qui fut très bien accueilli par le public.

La sirène rouge vaut plus pour la qualité de l’image et de l’interprétation, la musique et le style, que pour son histoire : pas simple, même un peu tirée par les cheveux. Cette mère qui veut faire de sa fille une tueuse, c’est un peu abuser ! Des plans intéressants et extrêmement bien filmés, notamment les magnifiques paysages du Portugal, des effets de lumière ensoleillée, très réussis, révélant l’œil artiste du réalisateur venu de la peinture. Ainsi que des scènes de tueries à couper le souffle (entre autres, celle dans l’hôtel qui dure près de vingt minutes). Jean-Marc Barr est parfait dans son rôle de gentil protecteur/tueur, ancien guerrier traumatisé. Certain diront qu’il ressemble étrangement à Léon, je suis d’accord. Mais contrairement au film de Besson, l’histoire ne se base pas sur la relation tueur/fillette, il y a d’autres choses autour. Asia Argento ne finit pas de nous étonner avec ses rôles tous azimuths, entre autres ici, celui d’une inspectrice de police un peu trop naïve, mais bon ange gardien. Et Frances Barber, étonnante en mère tueuse.

C’est un film assez "carré". C’est-à-dire que toutes les séquences sont utiles, toutes les scènes nous apportent une information essentielle à la bonne compréhension de l’histoire. Pas une de trop. Univers noir, atmosphère froide, acteurs professionnels et surtout, confirmation d’un réalisateur, Olivier Megaton, qu’il ne faut pas perdre de vue.