Le Jour de la Grenouille

Film français de Béatrice Pollet

Avec Jpséphine de Meaux, Patrick Catalifo, Fanny Cottençon, Dominique Reymond, Carmen Maria Vega


Prix de la Fondation Beaumarchais, Prix du Public Festival de La Roche sur Yon


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 12-09-2012

Durée: 1h28

 

Archéolove

Pour son premier long métrage, Béatrice Pollet n’a pas choisi la facilité et son scénario a le mérite de chercher l’originalité malgré une apparente simplicité. Jusqu’à présent, on savait que les archéologues de cinéma hantaient surtout les tombeaux égyptiens où de vindicatifs pharaons ressuscitaient pour maudire ces profanateurs qui violaient leur repos éternel. Béatrice Pollet écarte ces clichés : les fouilles de sa jeune archéologue, Anna, se déroulent en France dans le cadre de l’archéologie préventive. Elle a découvert un vaste site souterrain qu’elle soupçonne d’abriter plusieurs sépultures. Dubitatif, son chef de mission délègue Peter, archéologue confirmé, afin de vérifier sur place la qualité des hypothèses de sa jeune collègue. Celle-ci n’apprécie guère la présence de ce superviseur mais, peu à peu, un sentiment d’estime réciproque va remplacer la méfiance du début. Un effondrement du site blesse les chercheurs et envoie Anne, grièvement blessée, à l’hôpital où elle plonge dans un long et profond coma.

C’est là que survient la difficulté de construction d’un tel récit puisqu’il se prive de la présence active d’un des deux principaux personnages. Béatrice Pollet a opté pour des flashes-back non chronologiques qui se superposent et se complètent comme les strates qui permettent de dater un terrain. Bien que comateuse, Anne nous communique ainsi, par bribes, des tranches de son passé qui s’infiltrent dans le présent vécu par Peter. Intellectuellement, cette construction paraît justifiable, mais son inévitable incohérence bouscule sans cesse la relation amoureuse qui commençait à naître entre ces deux êtres. Ce film fragile et délicat mérite cependant notre attention par son ambition, sa sonorité «hors normes » et la qualité de son interprétation.