EN SECRET
Circumstance

Film américain de Maryam Keshavarz

Avec Nikohl Boosheri, Sarah Kazemy, Reza Sixo Safai, Soheil Parsa, Nasrin Pakkho, Sina Amedson, Keon Mohajeri


Prix du Public au Festival de Sundance Sélection au Festival de Deauville


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 08-02-2012

Durée: 1h45

 

Made in U.S.A.

Atefeh et Shirin, deux jeunes filles de la bonne société iranienne, sont d’inséparables amies qui aiment vivre « à l’occidentale », c'est-à-dire en enchaînant les soirées dansantes, les boissons fortes, les cigarettes, toutes choses peu appréciées de l’actuel pouvoir en place, sans compter leurs discrètes pulsions homosexuelles peut-être dues à la difficulté d’approcher les garçons. Le frère aîné d’Atefeh, Mehran, après être tombé dans le piège de la drogue s’est ressaisi, lui : il a choisi de retourner vers la religion ancestrale et, recruté par la police des moeurs, il espionne donc sa propre famille tout en étant déchiré par l’amour qu’il porte à Shirin, la séduisante amie de sa soeur. Ce mélodrame irano-cornélien est réalisé par Maryam Keshavarz qui vit aux Etats-Unis où elle doit, évidemment, assouvir plus facilement son goût pour toutes les distractions interdites en Iran.

Si la mise en place de l’histoire est un peu laborieuse dans la présentation des liens entre tous ces personnages, la réalisation de En secret ne manque pas de qualités dont, en premier lieu, les choix de bons comédiens qui sont tous des Iraniens émigrés. Ne pouvant évidemment tourner ce scénario contestataire en Iran, Maryam Keshavarz - qui est également coproductrice de son film - s’est rabattue sur le Liban où elle a mis en place durant plusieurs mois son casting et son équipe, ayant choisi le décor de Beyrouth pour remplacer l’inaccessible Téhéran. Le projet de dénoncer un pouvoir religieux peu porté à la tolérance est tout à fait légitime, mais si c’est pour revendiquer le droit d’aller en boîte ou d‘acheter des disques de Mickael Jackson comme la priorité essentielle, cela ramène les idéaux démocratiques et les valeurs occidentales à bien peu de choses, tendance « pauvre petite fille riche » déjà développée par Persépolis et c'est dommage. On comprend bien que les Etats-Unis - et l’Europe à la remorque - soutiennent ce genre de scénario manichéen qui alimente l’actuelle propagande anti iranienne nécessaire à l’éventuel conflit qui viendra s’ajouter aux brillantes opérations irakiennes, afghanes, libyennes et, peut-être, syriennes que nous devons cautionner depuis des années au nom du soi-disant droit ( ?) d’ingérence.