Le Projet NIM
Project NIM

Film américain de James Marsh

Avec Film documentaire


Meilleur Documentariste SUNDANCE 2011


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 11-01-2012

Durée: 1h39

 

Le chaînon manquant

S'il est totalement coupé de son environnement animal, un bébé chimpanzé élevé dans une famille humaine dès sa naissance pourrait-il apprendre à communiquer par le langage des signes, à défaut de la parole ? Telle est l’expérience que nous montre ce long métrage documentaire de James Marsh primé au Festival de Sundance. Il raconte la vie mouvementée de Nim, depuis sa naissance en 1973 jusqu’à sa mort en 1999. Ce réalisateur, dont la carrière est essentiellement orientée vers les documentaires, a été récompensé dans de nombreux festivals. Il est également l’auteur d’un unique – mais excellent - film de fiction présenté à Cannes en 2005 : The King.

La difficulté de mener à terme, aujourd’hui, cette étude du comportement animal réside dans le fait que les documents d’archives filmés par les successives familles adoptives du malheureux Nim datent des années 70 et qu’ils évoquent plus des "home-movies" de la grande époque du "flower power" que des documents scientifiques. Quatre décennies plus tard, James Marsh a réuni devant sa caméra les témoins survivants de cette époque enfumée où la curiosité poussait, parfois, ces "chercheurs" à offrir un joint à un jeune singe afin de vérifier ses réactions. Autre détail surprenant : ces divers adeptes du naturisme et de l’échangisme pastoral avaient tous éprouvé le besoin de mettre une culotte au petit chimpanzé ! Le film est donc essentiellement constitué par ce stock d'images d’amateur et par les témoignages - passés et présents - de cette jeunesse hippie devenue, aujourd’hui, de pontifiants notables d’âge mûr. L’évident aspect didactique de cette réalisation nous suggère que la télévision serait le meilleur diffuseur pour ce Projet Nim. Comme on s’en doutait, les chimpanzés ne deviendront jamais des orateurs, mais le véritable intérêt du film réside, finalement, dans la dénonciation de la cruauté de ces pseudo-scientifiques qui continuent d’interner des animaux dans des conditions scandaleuses afin de se livrer à des expériences souvent dépourvues de sens.