Killer Elite

Film australien de Gary McKendry

Avec Jason Statham, Clive Owen, Robert de Niro





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 26-10-2011

Durée: 1h57

 

La réalité dépasse l affliction

"Killer Elite" m’a fait découvrir Jason Statham dont la carrière est jalonnée de films (que je n’ai pas vu) comme "Arnaques", "Crimes et Botanique", "Le Flingueur" et autres "Tu braques ou tu raques". Sorte de Bruce Willis britannique, il a le physique de l’emploi que suggèrent ces titres qui ne trompent pas sur la marchandise. Par contre, on peut s’étonner de voir Robert de Niro et Clive Owen - dont les filmographies sont nettement plus variées – le rejoindre pour reformer un commando de super tueurs vétérans dont la mission serait « inspirée par des faits réels », d’après le générique. On a un peu de mal à croire que deux services spéciaux anglais (mais rivaux) s’entretuent pendant des années pour venger un cheik agonisant qui a perdu ses fils lors d’opérations militaires qui ont mal tourné. Bref, toujours est-il que Statham et Owen vont sortir leurs flingues durant deux heures pour s’affronter sans s’éliminer. Et pendant tout ce temps, papy de Niro se morfond dans un cachot du cheik d’où il sortira, enfin, pour participer vaguement au dernier quart d’heure de la projection. La question que soulève ce type de films reste sans réponse : à quelle catégorie de public s’adresse ce déferlement de violence sadique, ces interminables simulacres de bagarres, entrecoupés d’interminables poursuites en voiture qui rivalisent dans de spectaculaires cascades. A d’anciens paras nostalgiques ? Aux candidats recalés au permis de conduire ? Aux loubards frustrés qui rêvent à d’inaccessibles défoulements ? Ce récit qui se déroule dans une confusion totale est, de plus, plombé par une bande sonore montée par un spécialiste des armes de combat, ce qui nous permettrait d’identifier, à la longue, chaque salve et chaque coup de feu si un déluge musical ininterrompu qui souligne toutes les collures de coups de timbale n'écrasait les rafales. On voudrait bien croire, tout de même, qu’il s’agit d’une super production puisque le scénario se déplace dans de nombreuses régions du monde : Oman, Londres, l’Australie, Paris… Quelques cartes postales tentent lourdement d’identifier ces lieux. Mais peine perdue puisque la production nous informe fièrement que le film a été tourné entièrement en Australie et que rien ne ressemble plus à Londres ou Paris que les rues de Melbourne : il suffit, d’ailleurs, de voir le métro parisien de la dernière séquence pour en être convaincu ! Allez vérifier si vous en doutez.