We need to talk about Kevin
We need to talk about Kevin

Film anglais de Lynne Ramsay

Avec Tida Swinton, John C. Reilly, Ezra Miller, Jasper Newell, Ashley Gerasimovich,





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 28-09-2011

Durée: 1h50

 

Soit, mais que dire ?

Après le calamiteux Voyage de Morvern Callar(2002), Lynne Ramsay a pris le temps de la réflexion avant de nous proposer l’histoire de ce monstrueux Kevin : elle a eu raison, en un sens, puisqu’il s’est trouvé des sélectionneurs pour envoyer cet ersatz de la série des Damien sur l’écran de Cannes.

Alors que le premier film – La Malédiction de Richard Donner (1976) – se limitait aux pouvoirs diaboliques d’un enfant de cinq ans, Lynne Ramsay nous conte par le menu toutes les vilénies dont est capable cet exceptionnel casse-bonbons, de la maternité au collège où il pourra, enfin, donner libre cours à ses pulsions sataniques.

Nourrisson, garçonnet puis ado constamment pervers avec sa mère, Kevin se montre plutôt sociable envers un père inexistant, donc inconscient des troubles qui habitent son fils. L’aspect répétitif du récit et la monotonie des situations finissent par lasser notre intérêt qui n’est maintenu que par les artifices de l’angoisse que suscite l’idée du crime dans un regard d’enfant : stratégie efficace mais réellement antipathique. Il est, finalement, difficile de s’intéresser à une histoire où tous les personnages sont rebutants. Même le physique ambigu de l’excellente Tilda Swinton n’arrive pas à soutenir ce rôle de crucifiée permanente, noyée dans des flashes-back tape-à-l’½il et des litres de peinture rouge. On finirait par en déduire que c’est sûrement elle, la véritable créature satanique qui a enfanté cet inquiétant Kevin… Il y a tout de même un point positif : la qualité du choix des différents petits Kevin qui se succèdent, plus inquiétants les uns que les autres, jusqu’à Ezra Miller, l’adolescent au regard qui tue. Lynne Ramsay devrait être une bonne recrue pour les mouvements antinatalistes !