Le Complexe du Castor
The Beaver

Film américain de Jodie Foster
Kyle Killen

Avec Jodie Foster, Mel Gibson, Anton Yelchin, Jennifer Lawrence, Cherry Jones


Hors Compétition Cannes 2011


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 05-06-2011

Durée: 1h40

 

Fausses pistes

     Troisième long métrage de Jodie Foster, ce Complexe du Castor (pourquoi ce titre français totalement inadapté ?) poursuit la même préoccupation qui caractérisait déjà les précédents : l’analyse du malaise familial. Dans "Le petit homme" (1991), Jodie interprète la mère d’un enfant surdoué et les complications qui s’ensuivent. Dans Un Week End en Famille (Home for the Holidays, 1995) Holly Hunter, en pleine crise personnelle, doit affronter tous les membres de sa famille réunis pour un Thanksgiving Day redouté.
 
     Dans son dernier film, Jodie Foster interprète la femme d’un homme déprimé et suicidaire, Mel Gibson. Cette ouverture sinistre n‘est pas dépourvue d’une certaine dérision puisque le candidat au suicide échoue piteusement dans ses tentatives. Mais l’épouse souhaite finalement le chasser du foyer pour épargner leurs enfants. Avec un tel échec conjugal, le drame peut vraiment s’installer.
 
     C’est sans compter avec une marionnette de castor que le mari redécouvre en fouillant dans le grenier : cette peluche lui servait de confidente lorsqu’il était petit. Il décide de s’exprimer désormais par son intermédiaire et surmonte ainsi progressivement sa dépression au grand soulagement de son entourage, familial et professionnel, qui ne peut que constater une apparente guérison. Là, on redoute que l’histoire ne verse dans la comédie américaine standard et optimiste. Cette crainte ne dure guère car arrive le moment où la malheureuse Jodie ne supporte plus de dialoguer avec une marionnette et de devoir l’accueillir tous les soirs dans son lit. Une nouvelle crise lézarde le couple et l’entraîne vers une conclusion qui n’est guère celle des comédies-américaines-standard-et-optimistes. Ces fausses pistes successives sont l’imprévisible originalité du scénario de Kyle Killen, ce qui fait de ce Castor autre chose qu’un divertissement mineur et permet, grâce à Jodie Foster, de découvrir un Mel Gibson transformé.