Devil

Film américain de John Erick Dowdle

Avec Chris Messina, Jenny O-Hara, Bojana Nova Kovic, Geoffrey Arend, Joshua Peace, Logan Marshall Green, Aaron Berg, Jacob Vargas, Matt Craven





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 20-04-2011

Durée: 1h20

 

Huit clos

(5 dans un ascenseur + 3 dans la salle de contrôle = Huit)

      D’emblée, il est conseillé d’apprécier le superbe générique qui plane au-dessus de Philadelphie dans de longs travellings aériens car, après ce bol d’air frais, claustrophobes s’abstenir pour la suite ! L’autre intérêt de ce prologue, c’est l’utilisation de prises de vues inversées - la tête en bas - preuve évidente que le Diable vole sur le dos et que, donc, il existe. Nous devons cette prodigieuse confirmation à M. Night Shyamalan, auteur de « The Night Chronicles » dont est tiré ce film où il n’est que producteur, pour une fois. Il en a confié la réalisation à un jeunot, John Erick Dowdle, qui n’a pas dû rigoler tous les jours sous la pression d’un tel parrainage.

     Une autre caractéristique de Devil est l’absence de stars (connues des Européens en tout cas). Ce casting imprègne le film d’un parfum de série B des années quarante que vient contredire l’abondance des moyens dont dispose la réalisation pour certaines séquences-choc. Mais l’essentiel du récit se passant dans une cabine d’ascenseur ou dans la salle de contrôle de l’immeuble, les jours de grande figuration sur le plan de travail ne devaient pas être nombreux. Ajoutons que des pannes de courant incessantes se succèdent dans cette aventure et que l’écran reste d’un noir total pendant presque la moitié de la projection , ce qui est assez économique.

      Si, au moins, ces noirs profonds généraient un silence identique… Hélas, c’est durant ces tunnels obscurs que se déchaînent le monteur sons et le musicien, Fernando Velázquez, qui rivalisent pour savoir lequel fera éclater le premier la membrane des haut-parleurs. Ils nous offrent le prototype de la bande sonore qui tue un film et ravit les producteurs en leur faisant croire qu'ils en ont pour leur argent. Quant au scénario, je laisserai aux spécialistes – spirites, témoins de Jéhovah et autres scientologues - le soin d’en parler car mon irréligion profonde m’interdit d’aborder ce sujet pour ne pas tomber dans une vaine polémique. On peut quand même se demander pourquoi le Diable s’acharne ainsi à supprimer ses compagnons d’ascenseur coupables de quelques vétilles, alors qu’il devrait les en féliciter, ou bien le Démon n’est plus ce qu’il était ! A vrai dire, le seul mystère qui m’intrigue vraiment reste : comment M. Night Shyamalan, qui avait débuté avec l’excellent Sixième sens, est-il devenu l’auteur de cette série de films « for sectes débiles only» qui a suivi ? A part une intervention diabolique, je ne vois guère d’explication...
 
     Mais alors, IL existerait ? Diable, diable...